SECRÉTAIN Jean-Marie

Né à Angers, le 17 avril 1823, mort au bagne de Cayenne le 5 août 1856. « Perrayeur » c’est-à-dire ouvrier ardoisier à Trélazé (Maine-et-Loire). Un des chefs de la Marianne et l’un des promoteurs de l’émeute qui éclata dans la région d’Angers-Trélazé dans la nuit du 26 au 27 août 1855.

Secrétain était le chef politique et l’organisateur de la Marianne pour la région d’Angers et l’agent de liaison entre Paris et Angers, encore qu’il ait passé pour peu énergique. Il se rendit à Paris, le samedi 18 août 1855. Quelques jours avant son départ, un sac d’argent lui avait été remis, dans le cabaret de Sarrazin, par Attibert, Pasquier et Jean Bazille. Il rentra à Angers le samedi 25, porteur du mot d’ordre d’insurrection qu’il transmit également à Trélazé et aux Ponts-de-Cé. La veille au soir, le préfet de Maine-et-Loire avait été prévenu que les ardoisiers de Trélazé, de concert avec les ouvriers d’Angers, allaient déclencher une émeute rattachée à un soulèvement général. Avant minuit, le 26 août, 8 à 10 conjurés furent arrêtés sur le Champ de Mars, à Angers. Quelques-uns étaient des amnistiés de Belle-Ile. Vers 4 heures du matin, le 27, arrivèrent, de Trélazé, 300 ou 400 ardoisiers armés, chantant la Marseillaise. Ils furent cernés par la troupe, 110 d’entre eux furent arrêtés les armes à la main. À 7 h. 30 du matin, le 27 août, tout était terminé. Quant à Secrétain, il avait été arrêté, un fusil à la main, avant l’arrivée des émeutiers de Trélazé.
Il comparut devant le tribunal correctionnel d’Angers. Comme on lui reprochait d’avoir voulu organiser un massacre, il répliqua : « Je ne voulais que prendre part au renversement du gouvernement et aider à renouveler la loi. Dans l’état de dégénérescence où se trouve la France, c’est le devoir de tout bon citoyen. » Le 16 octobre 1855, la cour d’assises le condamna à la déportation dans une enceinte fortifiée. Il fut transporté à Cayenne où il mourut.
Le fils de Secrétain devint chanoine de la cathédrale d’Angers et directeur de L’Usine et l’Atelier, organe des syndicalistes chrétiens, vers 1905. Voir Attibert François* : liste des personnes condamnées pour affiliation à la Marianne en Maine-et-Loire (1855-1856).
Liste des 48 personnes condamnées par la cour d’assises de Maine-et-Loire (affaire de la Marianne) le 16 octobre 1855. Attibert François*, Auray Louis*, Bardou Jean*, Bazille Jean*, Bazille Mathurin*, Bazille René*, Blet François*, Boilême Auguste*, Bridier Urbain*, Cachet Mathurin père*, Chauvin Jean-Baptiste*, Chereau René*, Coué Frédéric*, Deshayes René*, Fauveau Valentin*, Fouin Louis*, Frouin Eugène*, Frouin François*, Gavalan Jean*, Gazeau Eugène*, Girard Jean*, Girouard Pierre*, Groussin François*, Guérin Frédéric*, Guy Louis*, Hamard René*, Harrouin Pierre*, Janvier Hyacinthe*, Lapierre Gabriel*, Lemeunier Laurent*, Leroy Louis*, Maillard Auguste*, Maingot Joseph*, Manceau François*, Martineau Pierre*, Maurat Pierre*, Négrier Michel*, Pasquier Joseph*, Plissier Jean*, Plumelet Louis*, Pointeau Joseph*, Richard Jean père*, Sarrazin Jean*, Secrétain Jean-Marie*, Teneu Joseph père*, Thébeau Jean*, Trideau François*, Ubarin Urbain père*.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article37742, notice SECRÉTAIN Jean-Marie , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 25 février 2016.

SOURCES : Arch. Nat., BB 30/413, p. 1247 ; BB 30/437. — F. Simon, La Marianne, société secrète au pays d’Anjou, Angers, 1939.
Gazeau Eugène figure dans l’état des condamnés du 16 octobre (Arch. Nat., BB 30/413, p. 1247) et dans la liste des condamnés du 22 octobre (Gazette des Tribunaux).

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