SCHUMACHER Jean, Nicolas

Né en 1807 à Ham-sous-Varsberg (Moselle). Mécanicien. Militant socialiste.

Assez solidement établi, depuis 1843, 35, rue Basfroi à Paris, pour occuper un bon nombre d’ouvriers en 1848, Schumacher était lui-même ouvrier habile. Révolutionnaire « très turbulent » mêlé à toutes les conspirations, il se trouvait, le 23 février au soir, boulevard des Capucines, et son attitude en présence du colonel du 14e régiment de ligne, que sa troupe croyait menacé, semble être à l’origine de la fusillade qui décida de la révolution. Lieutenant de la garde nationale dans la VIIIe légion, il manifesta, le 15 mai, et fut contraint de démissionner de son grade.
Le 23 juin, il parcourut les quartiers Saint-Merry et Beaubourg, se mêlant aux groupes insurgés. Le 24, il était rue Rambuteau et fit une tentative de conciliation. Le 25, au moment de l’attaque, place de la Bastille, il s’opposa à l’évasion des prisonniers de la Roquette, puis gagna la barricade de la rue Popincourt, où les insurgés lui demandèrent de les commander. Il les accompagna chez Pihet, constructeur mécanicien, où il dirigea la fabrication de trois canons. Le 26 juin, sur l’invitation d’un émissaire de Recurt*, il traversa la barricade rue de la Roquette, se présenta en parlementaire, fut conduit chez le banquier Sinet, place de la Bastille, où le rejoignirent cinq ou six délégués du Faubourg. À la demande d’un colonel d’artillerie : « Mais que voulez-vous donc ? », Schumacher répondit : « Nous voulons la République démocratique et sociale. » Puis il mit en demeure Recurt de faire cesser le feu faubourg du Temple.
Après la conférence, Schumacher repassa la barricade et engagea ses défenseurs à cesser leurs préparatifs de combat.
Arrêté, Schumacher fut transporté, mais il revint dès septembre 1848, sur la recommandation de Recurt et du policier Carrier.
En décembre 1851, il avait reconstitué un établissement de tournage sur bois et métaux, 27, rue Popincourt, qui lui assurait un revenu de 6 000 F (francs-or de germinal an XI). Poursuivi comme membre de la Chaîne des Martyrs, il fut saisi et la police s’empara chez lui de proclamations, de professions de foi, de pétitions, de chansons et de listes de candidats socialistes. Bien qu’aucune autre charge ne pesât sur lui, il fut transporté (« Algérie moins »). Voir Carpentier*.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article37720, notice SCHUMACHER Jean, Nicolas , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

SOURCE : Arch. Min. Guerre, A 11880 et B 1588.

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