ROUSSEAU Louis

Philanthrope catholique, un temps influencé par Charles Fourier*.

Né vers 1788 dans les environs d’Étampes (Seine-et-Oise) dans un milieu terrien de bonne bourgeoisie, attiré irrésistiblement par la mer, vers 1806, aspirant de marine, il reçut le baptême du feu devant Saint-Domingue et fut fait prisonnier. A une captivité sur parole en Angleterre, non dénuée de charmes, il préféra huit années de détention sur divers pontons de la Manche d’où il tenta, vingt-deux fois sans succès, de s’évader. Rentré en France sous la Restauration, après un essai malencontreux d’une brasserie en pleine Beauce, il partit dans le Finistère, près de Plouescat, où il transforma, avec des digues et un travail acharné, des terrains marécageux en une terre fertile, l’une des plus fertiles du département où il devint un personnage. Hostile à l’orléanisme, il essaya de convaincre les légitimistes d’user de leur crédit social pour préparer une « République honnête et secourable aux pauvres ». Il fut l’idole de la paysannerie car il ne croyait qu’aux vertus de la profession agricole pour régénérer une société jouisseuse et avide de s’enrichir par le négoce.
Catholique, lecteur de Charles Fourier*. Il publia en 1841 Croisade du XIXe siècle. Appel à la piété catholique à l’effet de reconstituer la science sur une base chrétienne, suivi de l’exposition critique des théories phalanstériennes. Il gagna à un semi-fouriérisme le curé de Dauendorf (Bas-Rhin), F.-M. Lux*.
Cependant la plupart de ses entreprises philanthropiques échouèrent car leur caractère utopique décourageait les souscripteurs. Même sa famille résista à ses leçons : son fils aîné demeura marin, ses trois filles épousèrent des officiers de marine, son énergique épouse finit par lui mesurer les crédits disponibles. Seul son dernier fils, Armand, qui se fit son biographe, fut en 1871 un des premiers députés républicains du Finistère. Apprécié de Villeneuve-Bargemont, de Charles de Coux, Louis Rousseau répudia Fourier, admirait Joseph de Maistre et Bonald, ignora Félicité de Lamennais*, Philippe Buchez*, Étienne Cabet*, Pierre Leroux*, etc. et ne chercha plus qu’à vivre en chrétien fervent.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article37381, notice ROUSSEAU Louis, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 septembre 2017.

SOURCE : Maurice Vaussard, « Un fouriériste converti : Louis Rousseau », Le Monde, 10 décembre 1968, analyse d’une thèse complémentaire de doctorat de Jean Touchard (arrière petit-fils de Louis Rousseau), Aux origines du christianisme social, Louis Rousseau, Paris, A. Colin, 1968. — Note de J. Risacher.

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