ROSSIGNOL Louis

Par T. Bouchet

Né vers 1798 à Toulouse. Insurgé de juin 1832.

Louis Rossignol était issu d’un milieu de négociants toulousains. Il semble avoir exercé quelque temps ce métier ; au début de la monarchie de Juillet, il faisait partie de la garde nationale parisienne et depuis le début de juin 1832, il était propriétaire d’un café situé rue Saint-Martin (VIe ou VIIe arr. ancien, maintenant IIIe ou IVe). Célibataire, il vivait avec la demoiselle Alexandre, dame de comptoir dans ce même café. Il résidait alors rue du Cloître-Saint-Jacques-l’Hôpital (Ve arr. ancien, maintenant Pierre Lescot, Ier.
Il fut arrêté comme insurgé des 5 et 6 juin 1832, peu de temps après la fin des hostilités. Les accusations qui pesaient sur lui étaient lourdes : il avait été signalé, au même titre que Jeanne*, parmi les plus actifs constructeurs des barricades du cloître Saint-Merry, il avait tenté de rallier à l’insurrection une patrouille de la garde nationale, et selon des témoins, il avait tiré des coups de feu contre les forces de l’ordre. En bref, il était considéré comme l’un des meneurs du mouvement. Il nia toute participation à l’insurrection, bénéficia de circonstances atténuantes, et il fut condamné à huit ans de réclusion.
C’est à la Conciergerie puis à Sainte-Pélagie qu’il fut emprisonné. Il fut désigné avec Victor Prospert* pour assurer la répartition des secours envoyés aux détenus politiques. Il protesta à plusieurs reprises contre les conditions d’emprisonnement, et il demanda très vite son transfert en maison de santé, soutenu dans cette démarche par le député de la Borde. Il bénéficia d’une remise de peine et il fut libéré le 12 décembre 1836. L’un des 29 évadés de Sainte-Pélagie, il était revenu se livrer à la fin novembre, de Belgique.
En 1848, Rossignol salua chaleureusement l’avènement de la République. Il assista à la commémoration de l’insurrection de juin 1832, à Saint-Merry, le 6 juin 1848. Il écrivit le jour même au journal Le Père Duchêne pour exprimer sa joie : « Vieux, il faut que je te dise combien mon cœur était content le 6 juin de revoir mes vieux camarades de prisons. Comme c’était beau de se retrouver au bout de seize ans après avoir tous été captifs dans les chaînes et à cet affreux Saint-Michel [...] Salut et fraternité, vive la République démocratique et sociale. »

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article37303, notice ROSSIGNOL Louis par T. Bouchet, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 31 août 2018.

Par T. Bouchet

SOURCES : Arch. Nat., BB 18/1330, CC/597. — Procès des vingt-deux accusés du cloître Saint-Méry, événements des 5 et 6 juin 1832, suivi de pièces justificatives, Paris, Rouanet, 1832, 146 p. — Bibl. Hist. Ville de Paris, manuscrits, 1043. — J.-C. Vimont, La prison politique en France, genèse d’un mode d’incarcération spécifique, XVIIIe-XXe siècles, Paris, Anthropos, 1993, 504 p. — Gazette des Tribunaux, 24 novembre 1836, p. 17, col. 3.

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