ROBERT Adrien [ROBERT Joseph, André, Adrien].

Par J. Risacher

Né vers 1802, à Saint-Maurice (Ardèche). Menuisier. Membre de sociétés secrètes.

Fils naturel de Thérèse Roberte Suchat, menuisier, il avait un christ tatoué sur le bras droit ainsi que la date de 1817. Réputé, en 1835, « ancien » saint-simonien (à quel moment ?), il avait été arrêté en 1831 pour des émeutes, puis, demeurant 49, rue Quincampoix (VIe arr. ancien, maintenant IVe), il fut écroué pour propos séditieux le 4 novembre 1831 à La Force, libéré le 27 décembre pour non lieu ; de nouveau le 11 juin 1832 à La Force, libère le 11 juillet 1832), puis deux fois comme crieur du Bon Sens. En 1835, il avait travaillé comme ouvrier chez le menuisier Jasserand, du faubourg Saint-Antoine, qui avait fabriqué la machine de Fieschi*, ce qu’il évoque au procès des poudres d’août et dans une lettre de au Charivari, en juillet 1839. Ils purent faire la preuve de leur bonne foi quant à leur ignorance de la destination de la machine, mais ils ne furent cités au procès Fieschi que comme témoins. Membre de la Société des Familles, il s’était installé avec Eustache Beaufour* dans le faubourg Saint-Marceau, au 113, rue de l’Oursine (XIIe arr. ancien, maintenant rues Broca Ve et Léon-Nordmann XIIIe). Probablement sur dénonciation, ils furent surpris en train de fabriquer de la poudre, arrêtés le 8 mars 1836, écroués à La Force le 11. Inculpé d’association illicite et de fabrication d’armes et de complot contre la sûreté de l’État, il comparut devant la sixième chambre de police correctionnelle au procès des poudres. Condamné à 2 ans de prison, 3 000 F d’amende et 2 ans de surveillance le 10 août 1836, il vit ses peines confirmées en appel par jugement du 23 octobre 1836. Conduit à Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne) le 8 novembre 1836, il fut incarcéré à Clairvaux (Aube). Il fut libéré par l’amnistie du 8 mai 1837, mais resta soumis à la surveillance. Il s’installa dans le passage du Bois-de-Boulogne (Ve arr. ancien, maintenant passade du Prado Xe). Pour circuler librement, il avait emprunté le passeport d’un ami, Jean-François Quetin*, mais cela lui valut une nouvelle arrestation, un nouvel écrou à La Force, une nouvelle condamnation à 4 mois de prison et 200 F d’amende le 22 septembre 1837 en 1re instance pour ban rompu et fraude de droits d’octroi et d’entrée, et l’incarcération à Sainte-Pelagie, le 12 novembre 1837. Mis en liberté, sur ordre du procureur du roi, le 19 janvier 1838, son dossier se trouve aussi mêlé à ceux de l’affaire Meunier*, renvoyé comme membre de société secrète.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article37127, notice ROBERT Adrien [ROBERT Joseph, André, Adrien]. par J. Risacher , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

Par J. Risacher

SOURCES : Arch. Dép. Paris (Seine), registres d’écrou DY/4 9-3504, DY/4 12-6295, DY/4 31-1356, DY/8 10-3190, DY/8 12-5254. — Moniteur Universel, août et octobre 1836. — Cour des pairs. Procès politiques, 1835-1848, Inventaire dressé par J. Charon-Bordas, Paris, Archives Nationales, 1984, CC 709 d.5 n° 36. — L.-A. Blanqui, œuvres I. Des origines à la Révolution de 1848, textes présentés par D. Le Nuz, Nancy, Presses Universitaires, 1993.

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