RIGAUD Adolphe

Né le 23 octobre 1804 à Naples, mort le 29 mars 1885 à Pons (Charente-Maritime). Médecin saint-simonien.

En dépit des consignes des « Pères suprêmes », Rigaud, qui venait de passer l’hiver à évangéliser Montpellier, prit les armes en juillet 1830. Il ne lui en fut pas tenu rigueur, puisqu’il reçut la responsabilité, en novembre, avec Jules Lechevalier*, de fonder un centre saint-simonien à Bordeaux. Élevé au « deuxième degré » le 8 juillet 1831, il assistait Charles Lambert* dans l’enseignement dispensé aux hommes de science. Mais son affectation principale était la propagande auprès des ouvriers. À ce titre, il dirigea le premier des quatre secteurs saint-simoniens de Paris, dont le quartier général était au 6, rue du Rocher. À l’automne de 1831, en compagnie de Charton*, Rigaud effectua une « mission » dans l’Ouest, de Rennes à Rochefort, via Brest, Lorient, Nantes, La Rochelle, etc. Indéfectiblement fidèle à Prosper Enfantin* lors des schismes de Saint-Amand Bazard* et de Olinde Rodrigues*, il fut appelé au « Collège » en février 1832 et choisi, quelques mois plus tard, pour être l’un des apôtres de Ménilmontant. Pendant l’hiver de 1833, Rigaud, partit à Lyon avec le cinquième détachement de l’« Armée saint-simonienne » (15 décembre 1832) pour faire l’expérience de la condition ouvrière. Membre des « Compagnons de la Femme », il embarqua pour l’Orient au printemps. Mais à son arrivée à Alexandrie, il reprit son indépendance, supportant mal l’autorité de Émile Barrault* et expliquant qu’à son avis, « la Mère » recherchée se trouvait plutôt dans l’Himalaya. Rentré en France au terme d’un périple accompli avec Jules Toché* au Liban et en Grèce, Rigaud séjourna quelque temps au sein de la « Famille de Paris » et finit en fait par reprendre l’exercice de la médecine à Pons, près de Saintes, auprès de son père, Hyacinthe-Xavier Rigaud, un notable du lieu, lui aussi un ardent saint-simonien, responsable de la conversion de son fils. Nommé maire de Pons en 1840, renouvelé dans cette responsabilité en 1843, Rigaud se présenta à la députation en mars 1848 sur un programme mi-républicain, mi-saint-simonien. Battu, il n’en resta pas moins maire de sa ville, et ce jusque et y compris sous le Second Empire, où il fut également conseiller général, s’intéressant en particulier au développement des chemins de fer. Émile Combes, le champion de l’anticléricalisme sous la IIIe République, fut son disciple avant de le tourner sur sa gauche et de le battre aux élections municipales de 1874. Voir Haspot*, Dr Lesbazeilles*, Pennekère Hippolyte*. Pour Lyon, Voir Émile Barrault*, Boy*, Félicien David*, Flichy*, Gabert*, Janin*, Jaspierre*, Lamy*, Lentz*, Michon*, Reboul*, Jules Toché*, Tourneux*, Yans*,

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article37061, notice RIGAUD Adolphe, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 28 août 2017.

SOURCE : Bibl. Arsenal, Fonds Enfantin, en part. mss. 7 678/2 et 7 753/2 — Livre des Actes, Paris, 1833, p. 125 et 148 et suiv. — H. d’Allemagne, Les Saint-Simoniens, 1827-1837, Paris, 1930, p. 118, 126, 134, 143, 266, 327, 332, 371. — Marcel Emerit, « Le saint-simonisme dans les Charentes », Le Mouvement social, juil.-sept. 1974, p. 93-112.

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