QUESNE Antoine, Eugène

Par Notice revue et complétée par M. Cordillot.

Né à (ou près de) Nancy (Meurthe-et-Moselle) vers 1812, décédé à New-York (?), en 1860. Rédacteur en chef de journaux socialisants sous la Deuxième République. Interné et déporté à Cayenne (1852). Évadé, il se réfugia à New-York (USA), où il cofonda Le Messager franco-américain.

Quesne fut successivement rédacteur et gérant du Républicain de la Moselle (13 janvier 1849-23 février 1850), rédacteur en chef, cofondateur et cogérant du Républicain démocrate de la Moselle (23 février 1850-26 mai 1850), fondateur et rédacteur en chef du Républicain de la Meurthe (octobre 1851). Le 30 janvier 1849, le parquet général de Metz dénonçait Le Républicain au préfet, parce qu’il reproduisait des écrits de Pierre-Joseph Proudhon* et des articles de journaux parisiens qui, saisis, n’avaient pas pu arriver en province : La Réforme, La République, Le Peuple, La Révolution démocratique et sociale, Le Travail affranchi.
Le 19 février 1850, Quesne était prévenu du délit de tentative de troubler la paix publique en excitant au mépris et à la haine des citoyens les uns contre les autres, du délit d’excitation à la haine ou au mépris du gouvernement de la République et enfin d’offenses envers la personne du président de la République. Il fut condamné à deux mois de prison et 2 000 francs d’amende. Le 23 du même mois, Le Républicain cessait de paraître, remplacé le même jour par Le Républicain démocrate. Les trois cofondateurs de la nouvelle feuille étaient François Garantié*, Christophe Niclausse* et Quesne. De nouvelles poursuites amenèrent la disparition du nouveau journal.
En octobre 1851, Quesne fonda, à Nancy, Le Républicain de la Meurthe. Il fut arrêté au lendemain du Deux décembre. Bien qu’il n’ait pris aucune part active à la résistance au coup d’État, la commission mixte le condamna à être déporté à Cayenne : « sa situation précaire, ses déplorables antécédents, sa mauvaise nature qui le porterait à continuer partout son genre de vie, ont déterminé la décision prise. » Une fois arrivé au bagne de Cayenne, il parvint à s’en évader, fin 1852, en compagnie de deux autres condamnés, Gourieux* et Chambonnière*, et à gagner les États-Unis sur un brick américain, le Mermaid, qui faisait route vers Salem (Massachusetts).
Peu après son arrivée à New York, Quesne participa au banquet célébrant l’anniversaire de la Révolution de février 1848, et il prit la parole pour remercier les États-Unis d’accueillir les proscrits (Le Républicain, 21 mai 1853).
Quelques mois plus tard, il devint l’associé de J. Souvy au sein de l’Union typographique française, qui était propriétaire du Républicain. Il en fut alors le rédacteur, jusqu’à la disparition de ce titre le 30 décembre 1854. Il aurait par la suite rejoint la rédaction du Courrier des États-Unis avant de fonder le Messager franco-américain. Il mourut (à New York ?) en 1860.
Voir aussi Baudet G.*

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article36668, notice QUESNE Antoine, Eugène par Notice revue et complétée par M. Cordillot., version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

Par Notice revue et complétée par M. Cordillot.

SOURCES : Arch. Nat., BB 30 401 — Arch. Dép. Moselle, 1 T 90 et 3 U 31. — L’Homme-Journal de la Démocratie universelle, 26 avril 1854, 7 juin 1856. — Décembre-Alonnier, Histoire des conseils de guerre, Paris, 1869, p. 250 (son nom y est orthographié Quesnel). — Ravold, Les Transportés de la Meurthe en 1852, Paris-Nancy, 1873. — J.-J. Barbe, Les journaux de la Moselle, Metz, 1928, p. 52. — Charles Clerc, Les États-Unis vus par les républicains de langue française, exilés ou émigrés à New York, 1852-1870, DEA Université Paris XIII, 1993.

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