QUÉNISSET François, dit Papart

Né à Selles (Haute-Saône) le 21 septembre 1814.
Engagé volontaire en 1832, il fut condamné, le 11 août 1835, par le conseil de guerre de Lyon, à cinq ans de boulet pour insubordination, peine qui fut finalement ramenée à deux ans. Il s’évada en juillet 1837 et vint à Paris où il prit le nom de Papart et où il exerça la profession de scieur de long. Sous le nom de Papart, il fut condamné à six mois de prison, le 28 mars 1840, pour une rixe chez un marchand de vins, rue de Bercy, où il blessa trois personnes.
Le 13 septembre 1841, Quénisset tira sur le duc d’Aumale, faubourg Saint-Antoine, à la hauteur de la rue Traversière. Il blessa deux chevaux montés par des officiers de l’escorte. Arrêté immédiatement, il révéla sa véritable identité au bout de trois jours, cependant que la police s’efforçait de lui trouver des complices, vrais ou supposés, parmi les ouvriers qui professaient des idées communistes. (Arch. PPo., A a/426 et Gazette des Tribunaux, septembre 1841.) Des interrogatoires de Quénisset en vue du procès instruit devant la cour des pairs, il ressort qu’il était affilié à la Société des Travailleurs Égalitaires depuis le mois d’août 1841 seulement (Arch. Nat., CC 794, pièce 11533). L’affaire Quénisset fut ainsi l’occasion de poursuites contre des opposants divers et des ouvriers, communistes ou non, aussi étrangers à l’attentat que Michel Dupoty* par exemple , les Suisses Aimé Borel* et Charles Borel*, les frères Charavay* et les autres Humanitaires, l’Allemand Heinrich Andreas Bauer, l’un des responsables de la Ligue des Justes (Bund der Gerechten) à Paris, arrêté en décembre 1841 et expulsé en mars suivant à Londres où il alla grossir le nombre des exilés organisés (voir Berrier-Fontaine*).
Les deux seuls complices avérés de Quénisset, un certain Just Brazier* et le marchand de vins Colombier*, furent condamnés à la déportation. Quénisset lui-même fut condamné à mort, mais le roi commua sa peine en bannissement à perpétuité. La police du Havre reçut son signalement en décembre 1842 : taille 1,65 m ; cheveux et sourcils blonds, front large, yeux gris, nez moyen, bouche moyenne, menton rond, visage rond marqué de petite vérole, avec une cicatrice sur le front à droite, et une autre cicatrice à l’oreille droite. Elle fut de nouveau prévenue dans l’été 1843 qu’il se trouvait à La Nouvelle-Orléans et qu’il aurait l’intention de revenir en France.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article36654, notice QUÉNISSET François, dit Papart , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

SOURCE : Arch. Nat., CC 782 à 794. — Arch. Mun. Le Havre, J 2/2, liasse 9. — Jacques Grandjonc, Communisme/ Kommunismus/ Communisn. Origine et développement international de la terminologie communautaire prémarxiste des utopistes aux néo-babouvistes, Trier, Karl Marx Haus, 1989, p. 216, 453, 457, 497, 502, 504, 535, 537, 539, 544, 545, 546. — Note de J. Grandjonc.

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