PRUVOST Nicolas, Augustin

Par Jean Risacher et R. Shapira

Né le 22 août 1797 (5 fructidor an V) à Paris. Fabricant de garde de vue, puis employé du gaz. Républicain et militant révolutionnaire. Membre de diverses sociétés républicaines ou secrètes.

Nicolas Pruvost était estropié du bras et de la main gauches, invalide et décoré de Juillet (1830), il était fabricant de garde de vue, c’est-à-dire de visières, puis éclaireur au gaz. Pruvost étant sergent-major aux Invalides, grade dont on peut penser qu’il désignait un invalide de guerre, on peut croire qu’il était aux Invalides avant juillet 1830 encore qu’on puisse également penser qu’à l’Hôtel des Invalides, à la réception d’un invalide de Juillet – ou plus tard – on ait pu lui attribuer un grade pour la similitude. Il n’est donc pas exclu que son invalidité ait daté de juillet 1830 puisqu’au procès des accusés d’avril il se dira « invalide de Juillet » et non « blessé de Juillet ». Après le soulèvement des 5 et 6 juin 1832, il fut renvoyé de l’Hôtel des Invalides, soit pour sa participation au mouvement, soit pour l’expression de ses opinions républicaines. En 1833, il demeurait 22, rue St- Laurent (Ve arr., maintenant Xe) et avait repris sa profession. Il était membre de la Société pour la liberté de la presse et de la Société des droits de l’Homme, section « Victimes du Champ de Mars ». Lors des journées insurrectionnelles d’avril 1834, il fut arrêté le 14 avril, alors qu’il semblait diriger une barricade de la rue Maubuée (VIIe arr., maintenant plateau Beaubourg, IIIe), et fut écroué dans la prison de La Force (rue du Roi-de-Sicile), puis à la prison de Sainte-Pélagie (rue du Puits-de-l’Hermite) le 15 juin 1834. Passant plusieurs fois de l’une à l’autre prison pendant l’instruction du procès d’avril, il subit une première condamnation d’un mois de prison par la chambre de police correctionnelle pour rébellion envers des agents de la force publique, le 28 février 1835, puis il fut condamné par la Cour des pairs le 22 janvier 1836 à 10 ans de détention et à la surveillance à vie. Il prétendit n’avoir fait qu’apporter des soins aux blessés. Il fut incarcéré dans la citadelle de Doullens (Somme) où il arriva le 29 janvier 1836 et fut libéré par l’amnistie du 8 mai 1837. Sorti de prison, il s’installa 2, rue de Paradis-au-Marais (VIIe arr., maintenant des Francs-Bourgeois IVe), et devint éclaireur au gaz de Paris. Il était membre de la Société des Saisons et aurait, dès le début mai 1839, pris de nombreux contacts en vue du mouvement qui se préparait. Après les journées insurrectionnelles de 12 et 13 mai, il ne fut arrêté que beaucoup plus tard et écroué à Sainte-Pélagie le 13 juillet 1839, le lendemain de la condamnation à mort d’ Armand Barbès* au premier procès de 1839, l’instruction n’étant pas terminée. Il fut libéré par ordonnance de non-lieu de la Cour des Pairs, le 23 octobre 1839, une dizaine de jours après l’arrestation d’Auguste Blanqui*, condamné au second procès. Nous ne savons rien de la suite.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article36631, notice PRUVOST Nicolas, Augustin par Jean Risacher et R. Shapira , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 11 novembre 2018.

Par Jean Risacher et R. Shapira

SOURCES : Arch. Dép. Paris (Seine), registres d’écrou DY/8 8-1410, DY/8 17-9563. — Journal des débats politiques et littéraires, vendredi 27 février 1835, p. 2-3. — Cour des pairs, Affaire du mois d’avril 1834. Rapport fait à la Cour des pairs par M. Girod (de l’Ain), Imprimerie royale, Paris, 1834-1836, vol.6, 11. — Cour des pairs, Affaire du mois d’avril 1834. Réquisitoire de M. le procureur-général, présenté à la Cour le 8 décembre 1834, Imprimerie royale, Paris, 1834, 707-710.— Tableau synoptique des accusés d’avril jugés par la cour des pairs établi par Marc Caussidière, Lyon, imprimerie de Boursy fils, 1837, Arch. Nat. BB 30/294, Bibl. Nat. in-4° Lb 51/24984. — Cour des pairs. Procès politiques, 1830-1835, Inventaire dressé par J. Charon-Bordas, Paris, Archives Nationales, 1983, CC 592 D 1 N° 335, Lettre du Préfet de police au Procureur Général, 24 Avril 1834. — Cour des pairs. Procès politiques, 1835-1848, Inventaire dressé par J. Charon-Bordas, Paris, Archives Nationales, 1984 CC 735 N° 117. — Ph. Matthey, Les membres des sociétés secrètes républicaines parisiennes sous la monarchie de Juillet, mémoire de maîtrise sous la direction de Philippe Vigier, Paris X, 1986.

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