ESCHLIMANN Auguste

Par Jean-Pierre Kintz

Né le 12 mai 1900 à Hœnheim (Bas-Rhin), mort le 1er août 1983 à Bischheim (Bas-Rhin) ; ouvrier peintre employé aux ateliers de chemin de fer de Bischheim ; militant syndicaliste chrétien.

Fils d’un ouvrier brasseur, Auguste Eschlimann fit un apprentissage de peintre après avoir fréquenté l’école communale. Conscrit à l’âge de dix-sept ans, il ne fut pas incorporé mais placé comme peintre d’abord dans les ateliers de chemin de fer à Bischheim puis comme chauffeur de locomotive en 1917 et 1918 à Thionville (Moselle) et à Hausbergen (?).

Après la guerre, il retourna travailler aux ateliers de Bischheim puis fut incorporé dans un régiment de chars au camp de Mourmelon et le demeura du 6 octobre 1920 à 1922. Démobilisé, il ne fut pas aussitôt rengagé aux ateliers de Bischheim et travailla deux ans dans une entreprise de peinture. Le 4 juin 1924, il fut réintégré comme peintre aux ateliers de Bischheim. Il se maria à Bischheim le 8 juillet 1927.

En 1939, Auguste Eschlimann se réfugia à Tours (Indre-et-Loire) et pendant dix-huit mois environ travailla aux ateliers de la SNCF. De retour en Alsace fin 1941, il soutint la Résistance et, avec les abbés Jacob et Metz, hébergea dans les combles d’une église paroissiale six jeunes réfractaires à l’incorporation dans l’armée allemande. Il aida aussi des prisonniers de guerre à fuir par le tunnel de Sainte-Marie-aux-Mines. Ces activités valurent à Eschlimann la « Reconnaissance Française » et, pour sa participation aux luttes des FFI en 1945, la croix de guerre.

Il fut nommé, en 1946, chef de brigade, et prit sa retraite le 1er mai 1959. C’est en 1927 qu’Auguste Eschlimann avait adhéré au syndicat indépendant de Bischheim. Durant dix années, il fut trésorier de la section de Bischheim qui comptait près de 500 membres au début des années 1930 mais vit fondre ses effectifs au temps du Front populaire. Après avoir recréé le syndicat qui avait affirmé, en octobre 1936, sa tendance « chrétienne », Eschlimann en devint le président après la Libération ; la section compta alors plus de 900 membres, la CGT maintenant toutefois l’implantation la plus forte. Membre du Comité central de l’Union des syndicats chrétiens des cheminots avant la Seconde Guerre mondiale, Eschlimann la représenta au XXe congrès de la Fédération des syndicats chrétiens des cheminots de France, Paris, 3-5 mai 1946 et fut élu membre du conseil fédéral. Le 16 juin suivant, lors de la conférence régionale de l’Union des syndicats des cheminots d’Alsace et de Lorraine, il en fut élu vice-président. Après son départ à la retraite, Auguste Eschlimann continua à servir le syndicalisme en recueillant les cotisations des retraités : 106 pour la section de Bischheim en 1975.

Eschlimann eut bien d’autres activités, toujours sur le plan chrétien : colonies de vacances, sociétés sportives... Au point de vue politique, il soutint les partis d’inspiration chrétienne et dès 1919, il appartint à l’Union populaire républicaine (UPR). Après la Seconde Guerre mondiale, il adhéra au MRP.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article3627, notice ESCHLIMANN Auguste par Jean-Pierre Kintz, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 13 février 2009.

Par Jean-Pierre Kintz

SOURCES : Revue des cheminots d’Alsace et de Lorraine, n° 6, 1er juin 1946 (c. rendu du XXe congrès de la Fédération), n° 7, 14 juillet 1946 (conférence régionale), 1er juillet 1959. — Le Nouvel Alsacien, 12 mai 1960. — L’Unioniste, journal des cheminots catholiques de l’ancien réseau d’Alsace-Lorraine. — État civil d’Hœnheim.

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