PEYROTTES Jean, Antoine

Né à Clermont-l’Hérault le 8 mars 1813. Décédé dans la même ville le 3 juillet 1858. Poète de langue d’oc, et fouriériste.

Fils d’Antoine Peyrottes, potier de terre, et de Marie-Thérèse Causse, Jean-Antoine quitta l’école primaire dès l’âge de neuf ans, et son père l’initia lui-même à son métier. Il écrivit des vers, en français et surtout en langue d’oc. Inculpé de diffamation et d’injures par la voie de la presse envers le juge de paix de Clermont, il fut condamné, le 24 décembre 1839, par la cour d’assises de Montpellier, à quinze jours de prison et à 50 francs d’amende.
Dans La Libertat, composée en août 1840, Peyrottes montrait, en termes saisissants, à quel point le peuple était exclu de la vie politique. D’autre part, il était attiré par les idées fouriéristes. Le 27 juin 1837, à Montpellier, il portait un toast en langue d’oc à Victor Hennequin* dans un banquet qu’offraient à ce dernier les phalanstériens du département. Il crut de son devoir de chanter les souffrances des prolétaires, comme il le déclarait expressément dans sa pièce Ma Voucaciou, ainsi que dans La Marseillaise des Travailleurs, qu’il rédigea en français en octobre 1844.
J.-A. Peyrottes accueillit avec enthousiasme la Seconde République. Dès la fin du mois de Février, dans La Lingadociéna, il acclamait le nouveau régime, flétrissant au passage l’homme de Brumaire. Mais l’exercice prochain du suffrage universel n’allait pas sans susciter chez lui quelque appréhension. Il redoutait que le peuple ne se laissât séduire par quelques intrigants. C’est ce qu’il exprima, le 22 mars, dans son Hymna des Trabailhayres, dédicada as oubriès dél départémen dé l’Héraoult.
Candidat dans l’Hérault, sur la liste ouvrière, aux élections législatives de 1848, il obtint moins de 2 000 suffrages, mais se consola spirituellement de son échec en écrivant une pièce de vers, Gratias. Après les Journées de Juin, il vit arriver avec tristesse le triomphe de la réaction. Le 25 août, il écrivit une pièce significative, Aco sé gasta ! Il devint alors de plus en plus amer, dans Lous Oubriès (17 janvier 1849), qu’il dédia à Félix Pyat*, dont il reçut les remerciements chaleureux le 22 janvier. Le 6 février il écrivit encore une pièce de circonstance, À bas lou Bounet Phrygien ! Après le vote de la loi du 31 mai 1850, il adressa une pièce nouvelle, Coucarrous é Cassibrailha, à Victor Hugo, qui le remercia le 3 juillet suivant.
Après le coup d’État du 2 décembre 1851, Peyrottes vécut dans l’effacement. Le 27 juin 1852, il écrivait à son ami Mary-Lafon :
« Aujourd’hui je vis retiré [...] J’ai un volume à publier. Mais il faut attendre une autre époque. »
Les infirmités ne l’épargnaient pas, bien que son âge fût encore peu avancé. En 1856, il perdit même la vue pendant quelques semaines. Il mourut deux ans plus tard. Voir pour l’influence du fouriérisme dans l’Hérault : Atger Marcel*, Mary-Lafon*, ainsi que l’utopiste original Mazel aîné*.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article36141, notice PEYROTTES Jean, Antoine, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

ŒUVRES : Comité Peyrottes. œuvres patoises de J. A. Peyrottes, potier de Clermont-l’Hérault, Montpellier, Imprimerie méridionale, 1897, in-8°, 302 pp. — Supplément des œuvres patoises de J.-A. Peyrottes, ibid, 7 pp. — Jean-Antoine Peyrottes, poète, potier (1813-1858). Lettres inédites et documents publiés avec notes par S. Léotard, précédés d’une étude par P. Vigné d’Octon, Clermont-l’Hérault, Imprimerie Saturnin Léotard, 1898, in-8°, 64 pp.

SOURCES : Arch. Dép. Hérault, cour d’assises, dossier 6.668 — Collections de L’Indépendant, de L’Écho du Midi, du Mécontent, (Le Tribun du peuple).

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément