PELLOUTIER Léonce, Charles, Ulrich

Né à Luçon (Vendée) le 30 juillet 1808, mort à Nantes en 1879. Avocat. Journaliste républicain. Grand-père de Fernand Pelloutier.

Léonce Pelloutier appartenait à une famille d’indienneurs du quartier des Ponts-de-Nantes, où l’on était agent consulaire ou consul de princes allemands de père en fils. Des Pelloutier figurent dans les Chambres de lecture et Sociétés de pensée de la fin de l’Ancien Régime.
Il fut carbonaro et passait vers 1835 pour l’un des propagandistes communistes les plus exaltés de la France de l’Ouest. À Nantes où il habitait, il avait, en 1833, créé une section locale de la Société des droits de l’Homme. En 1835, il se fit remarquer par des propos séditieux ou qualifiés tels qu’il aurait tenus dans les auberges fréquentées par les ouvriers du port de Nantes. Rédacteur au National de l’Ouest, il voulait créer un nouveau journal, L’Alliance libérale, et, par l’intermédiaire de François Raspail* et Philippon*, en offrit la rédaction en chef à Auguste Blanqui*. Celui-ci lui avait répondu favorablement à cette proposition par une lettre du 30 juin 1835, mais le projet ne put aboutir. Pelloutier était qualifié par la police nantaise en 1837 comme « un des républicains les plus exaltés de Nantes ».
Il fit plusieurs voyages, résida même un moment à Paris, où il fut en relations avec Raspail et d’où il expédiait des brochures de propagande dans l’Ouest, en particulier en 1847 à un club siégeant à l’auberge Joli de Fontenay-le-Comte (Vendée). Il fut poursuivi en 1844 devant le tribunal correctionnel de Rennes pour abus de confiance, sans que l’affaire puisse être mise en rapport direct avec son activité comme rédacteur du journal Le National de l’Ouest. Il essaya également de créer avec son frère Ange un journal politique d’extrême gauche à Bourbon-Vendée [La Roche-sur-Yon], pour lequel il avait choisi ce titre équivoque, La Vendée.
Il a publié des brochures intéressant le canal de Vendée, ou Nantes, son port, sa voirie.
Commissaire du Gouvernement provisoire dans la Loire-Inférieure en mars 1848, il ne cessa de jouer un rôle dans la presse nantaise, libérale, antinapoléoniste ou républicaine de nuances diverses, jusqu’à sa mort en 1879. À cette date, Léonce Pelloutier, qui avait élevé six enfants, avait perdu la presque totalité de sa fortune acquise non dans le journalisme, mais dans des affaires commerciales et industrielles.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article35922, notice PELLOUTIER Léonce, Charles, Ulrich, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

SOURCES : Arch. Nat., BB 30/385, pièce datée du 9 mars 1850. — Arch. Dép. Vendée, série U non classée, correspondance du parquet de Bourbon-Vendée en 1844. — Arch. Dép. Loire-Atlantique, série M., Dossiers de suspects. — Maurice Pelloutier, Fernand Pelloutier, sa vie, son œuvre (1867-1901), Paris, Schleicher frères, 1911. — P. Monatte, « La jeunesse de Pelloutier », La Révolution prolétarienne, septembre 1962. — L.-A. Blanqui, œuvres I. Des origines à la Révolution de 1848, textes présentés par D. Le Nuz, Nancy, Presses Universitaires, 1993. — Note de J. Risacher.

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