DURIEZ Gustave, Louis

Par Yves Le Maner

Né 11 mars 1894 à Armentières (Nord), mort le 27 mars 1956 à Armentières ; ouvrier du textile, puis employé puis chef de train ; militant syndicaliste et socialiste ; conseiller général du Nord (1937-1955) ; maire d’Armentières (1955).

Né quatrième sur six enfants dans une famille d’ouvriers textiles, son père étant pareur et sa mère ménagère alors que son grand-père paternel fut marchand de charbon après avoir travaillé comme peigneur de lin, Gustave Duriez travailla très jeune dans une usine de toile. Il devint soutien de famille à l’âge de seize ans, son père étant mort en 1910. Mobilisé le 1er septembre 1914 au 43e régiment d’infanterie, il passa quatre ans au front, fut gazé à l’ypérite en 1918. Il revint à Armentières (Nord) en 1919, décoré de la croix de guerre.
Entré comme garde-frein aux chemins de fer du Nord à Lille en septembre 1919, il fut commissionné un an plus tard comme conducteur à Paris. Revenu à Lille, il y achèvera sa carrière comme chef de train en janvier 1951.
Il adhéra à la CGT et, en 1920, au Parti socialiste SFIO auquel il resta fidèle lors de la scission, devenant bientôt le plus ardent propagandiste du Parti socialiste dans la région armentiéroise. Secrétaire de la section socialiste à partir de 1932, conseiller municipal d’Armentières de 1929 à 1935, Gustave Duriez représenta la SFIO à de nombreuses consultations électorales, organisant de multiples réunions et se rendant de cabaret en cabaret où il faisait admirer ses dons d’orateur et... de chanteur. Battu aux élections pour le conseil général en 1931 et aux législatives de 1932 et 1936 dans la 10e circonscription de Lille, il fut par contre élu au conseil d’arrondissement en 1930 et au conseil général en 1937.
Resté en fonctions pendant la guerre, il participa à la Résistance en protégeant et en hébergeant les membres actifs des réseaux et aurait appartenu à Libération-Nord.
À la Libération, Gustave Duriez reprit l’action politique. Réélu au conseil d’arrondissement et au conseil général en 1945 et 1949, vice-président de l’Assemblée départementale d’octobre 1948 à 1955, il perdit cependant ce siège en 1955. Il échoua aussi à plusieurs reprises aux élections législatives (il fut candidat aux législatives de juin et novembre 1946 et aux sénatoriales de mai 1952). Membre de la commission administrative de la Fédération socialiste SFIO du Nord en 1947-1957, toujours secrétaire de la section socialiste locale, il fut élu maire-adjoint d’Armentières de 1945 à 1955, puis maire d’Armentières en 1955 à l’occasion de la démission de Georges Vankemmel* , mais il mourut brutalement quelques mois plus tard, victime d’une congestion cérébrale.
Il s’était marié en avril 1914 à Armentières avec Gabrielle Leplat, cardeuse, dont il avait eu trois enfants, l’aîné étant décédé à l’âge de deux jours. Il avait été nommé chevalier de la Légion d’honneur et décoré de la médaille d’argent du chemin de fer.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article3553, notice DURIEZ Gustave, Louis par Yves Le Maner, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 22 juillet 2016.

Par Yves Le Maner

SOURCES : Arch. Nat. F/1a/3228. F/1b1/998. F/1cII/270. F/1cII/278. F1cII/249. F/1cII/305. F/1cII/313. — Arch. Dép. Nord, M 35/8 et 37/90B. — Arch. SNCF de Béziers. — Rapports de congrès fédéraux du Nord, 1946-1967. — Jean-Claude Héras, Biographie des militants ouvriers de la vallée de la Lys et de la Flandre intérieure de 1919 à 1939, Mémoire de maîtrise, Lille III, 1973. — Daniel Mayer, Les socialistes dans la résistance, p. 161. — Notes de Marie-Louise Goergen et de Gilles Morin. — Renseignements communiqués par la mairie d’Armentières. — État civil : actes naissance et décès.

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