NAUDÉ Jean-Louis, Olivier

Né le 31 mai 1808 à Montmirail (Marne). Herboriste, 9, rue de la Visitation, à Lyon. Militant du mouvement coopératif.

Il était le fils d’un sergent-major des armées de la Révolution et de l’Empire, réformé pour raisons de santé et établi sabotier à Montmirail. En 1821, il suivit son père à Barzy (Aisne), puis à Paris, en 1824. Il y habita, 3, rue des Petits-Augustins, puis, en 1831, rue de la Barrière-Poissonnière. À cette date J.-L. Naudé était « ouvrier gazier à livret ». Il se rendit, alors, une première fois à Lyon, à pied, puis revint à Paris où il résida successivement rue de la Bûcherie et, 30, rue de La Rochefoucauld. Il abandonna alors Paris et, âgé de 35 ans, retourna vivre à Lyon auprès de son père qui tenait un bureau de tabac aux Brotteaux. De 1843 à 1850, il sera « élève en médecine », aide-accoucheur, ce qui ne l’empêchera pas d’avoir, dès 1845, une boutique d’épicerie à la Croix-Rousse. Il se présenta devant le jury de la Loire pour obtenir un diplôme d’herboriste et se vit délivrer, le 25 septembre 1845, son certificat de capacité qui lui permit d’exercer le commerce d’herboristerie, ouvert, 9, rue de la Visitation, à la Croix-Rousse, à côté de la boutique d’épicerie tenue par sa femme.
Membre de la franc-maçonnerie, il milita, sous la monarchie de Juillet, dans les groupes républicains. En 1848, il fréquenta la loge socialiste des Amis des hommes, à l’Orient de Caluire. Voir Berger*. Il fut, surtout, un des fondateurs de la Société des Travailleurs unis, dont il prit la gérance centrale. La raison sociale de la nouvelle association était d’ailleurs Naudé et Cie. Voir Démard Louis* Cette société avait pour objet « l’exploitation des industries », son but était « de mettre en harmonie la production avec la consommation au moyen d’un système d’échange des produits ». Le capital était de 100 000 francs divisés en 100 000 actions d’un franc. En avril 1849, cette coopérative de consommation comptait neuf établissements dont un entrepôt central, six magasins d’épicerie, une charcuterie et deux boutiques de boulangerie d’un débit journalier de 2 000 kg de pain. Elle vendait du charbon, du bois, du vin, du pain, de l’épicerie, de la charcuterie, de la quincaillerie et des objets de ménage. Elle se préparait à ouvrir une boucherie et envisageait de devenir aussi coopérative de production.
Le 16 août 1849, Naudé fut élu conseiller municipal de la Croix-Rousse. Dans les premiers mois de 1850, il obtint des autorités la réouverture des magasins fermés depuis l’émeute du 15 juin 1849. Malheureusement, les tracasseries policières n’étaient pas la seule source de difficultés pour la Société des Travailleurs unis. Naudé, écrira, à ce sujet, en juillet 1850 : « Formée d’hommes groupés par les circonstances, elle s’est trouvée, peu de temps (sic) après, en proie à des dissensions intestines, qui n’ont pu cesser que par l’expulsion de certains de ces hommes que l’on trouve partout comme de mauvais génies, de ces hommes qui, dans toutes les associations, sous des dehors démocratiques, ne semblent avoir d’autre but que de les pousser à leur ruine. Par bonheur, le nombre en était fort restreint. » Quoi qu’il en fût, ces difficultés durent être surmontées puisque, au moment du coup d’État, la Société voyait le montant annuel de ses ventes atteindre le million de francs et qu’elle disposait alors de quinze magasins de gros ou de détail ; on estimait que, grâce à son activité, la population de la Croix-Rousse se nourrissait à 10 % meilleur marché depuis la création de la société.
Naudé fut emprisonné au moment du coup d’État et condamné à deux ans de prison pour affiliation à la loge socialiste des Amis des hommes. Voir Léculier Pierre* La Société des travailleurs unis fut fermée par ordre des autorités et mise en liquidation. À partir de 1860, Naudé participa, à Lyon, au réveil du mouvement d’association. En 1864, il fut un des obscurs adhérents de la Boulangerie sociétaire.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article35469, notice NAUDÉ Jean-Louis, Olivier , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 11 avril 2018.

SOURCE : J. Gaumont, Histoire générale de la coopération en France, t. I.

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