NAPIAS Louis-Marie (ou Napias jeune, Napias minor)

Par Daniel Chérouvrier, Bernard Desmars

Né le 15 mars 1815 à Romilly-sur-Seine (Aube), mort le 12 décembre 1866 à Paris ; commerçant et fabricant de bonneterie dans l’Aube et la Marne, puis négociant à Paris. Membre de la colonie socialiste de Saint-Just en 1850. Proscrit après le 2 décembre 1851.

Louis-Marie Napias, fabricant et marchand en bonneterie siégea de 1843 à 1848 au conseil municipal de Saint-Just, dans l’arrondissement d’Épernay. Acquéreur, au prix d’un endettement élevé, de nombreuses terres avec son frère aîné Claude-Dominique* il participa avec celui-ci à la constitution de la colonie sociétaire de Saint-Just au printemps 1850. Cette association, qui compta environ une trentaine de personnes, dont Hippolyte Madaule* et Auguste Guyard disparut à l’automne suivant, victime de dissensions internes et des créanciers des frères Napias, obligés de vendre une grande partie de leurs biens. Au cours de l’année 1851, Louis-Marie Napias s’installa avec sa famille à Paris, comme négociant, mais revint de temps à autre dans sa région natale. Ses allées et venues étaient alors activement surveillées par la police qui le confondit parfois avec Claude-Dominique. Les deux frères étaient soupçonnés de faire de la propagande socialiste aux confins de l’Aube et de la Marne. Ils furent arrêtés après le coup d’État du 2 décembre 1851. Qualifié par la commission militaire de Paris d’« agitateur fort dangereux », « aux opinions démagogiques très exaltées », « affilié aux sociétés secrètes », Louis-Marie Napias fut condamné à quitter le territoire français. Il séjourna en Angleterre pendant quelques mois, puis fut autorisé le 15 août 1852 à revenir en France, tout en étant assigné à résidence à Foix, puis au Havre. En décembre 1852, il obtient une grâce impériale et revint à Paris.
En 1853, ses voyages – et ceux de son frère – du côté de Romilly et de Saint-Just, firent encore l’objet de rapports de la gendarmerie. Cependant, dans les années suivantes, il ne suscita plus l’attention des autorités ; il avait abandonné, semble-t-il, toute activité politique.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article35461, notice NAPIAS Louis-Marie (ou Napias jeune, Napias minor) par Daniel Chérouvrier, Bernard Desmars, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 11 juillet 2017.

Par Daniel Chérouvrier, Bernard Desmars

SOURCES : Archives nationales, BB/22/144, dossier de grâce des frères Napias. – Arch. Min. Guerre, B 1421. — Archives départementales de la Marne, 30 M 18 – Archives départementales de l’Aube, 1 M 598 – Poursuivis à la suite du coup d’État de décembre 1851. Base de données réalisée par Jean-Claude Farcy, avec la collaboration de Rosine Fry, fiche Napias Louis-Marie – Dictionnaire biographie du fouriérisme, notice Napias, Louis-Marie.

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