MURE Jean, Benoît

Docteur en médecine lyonnais. Homéopathe. Phalanstérien. Un des colons sociétaires du Brésil.

Mure fut certainement un esprit aventureux. Il était marié avec une fille de Saint-Amand Bazard*. En avril 1839, il écrivait, de Palerme, à Victor Considerant*, qu’il allait y fonder un journal fouriériste sous le nom d’Attrazione, et dans la Correspondance harmonienne, du 31 octobre 1839, il écrivait, de Paris, qu’il avait créé la science sociétaire en Sicile et qu’il l’avait dotée d’un journal : L’Attraction.
À la fin de 1839, il ouvrit à Paris une maison spéciale d’hydrothérapie, selon la méthode homéopathique du docteur Hanemann, dont il signalait les analogies avec les doctrines fouriéristes. Cette maison de santé était organisée selon les principes phalanstériens.
En 1840, on le trouve au Nouveau Monde de Jean Czynski*. Son nom, comme membre du conseil de rédaction de la revue, se lit dès le n° 12 de novembre 1839. En 1840 encore, avec Derrion, Jamain. etc., il fondait l’Union industrielle. Cette association s’était formée dans le but de créer au Palmetar (Brésil) une « colonie sociétaire » d’après les données de Charles Fourier*. Elle fit appel aux familles de différentes catégories. Il s’agissait de constituer, en accord avec les autorités brésiliennes, un centre de colonisation ouvrière qui mettrait en pratique les théories fouriéristes, au moyen d’une ou de plusieurs « communes » agricoles et industrielles conformes aux plans donnés par le Maître. Des ouvriers de toutes professions avaient décidé de participer à l’entreprise et furent répartis en trois groupes qui devaient s’embarquer l’un après l’autre pour la colonie. Le groupe d’émigrants lyonnais fut organisé par Joseph Reynier*. Mure partit en avant pour négocier avec le gouvernement du Brésil les modalités de la concession et l’organisation de la colonie sociétaire. Il fut rejoint par les deux premiers convois. Des dissensions se produisirent parmi les colons. Les uns restèrent avec Mure qui, grâce à la protection du colonel brésilien d’Oliveira avait réussi à se faire concéder personnellement des terrains dans la péninsule de Sahy et y installa le phalanstère d’Oliveira. L’affaire prospéra assez longtemps. En 1846, alors que Derrion et Mure venaient de se réconcilier, elle couvrait un domaine de deux lieues carrées et était prête « à recevoir toutes les tentatives plus ou moins intégrales que les hommes avides de pratique voudront réaliser. »
Voir Dr Arnoult*, Breton Louis*, Derrion Michel*, Jamain*.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article35428, notice MURE Jean, Benoît , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

SOURCES : J. Gaumont, Histoire générale de la coopération en France, t. I. — J. Gaumont, Le Commerce véridique et social et son fondateur Michel Derrion, Amiens, 1935. — V. Chacon, Historia das ideias socialistas no Brasil. — Note de R. Paris.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément