MOGUE Nicolas-Memmie

Né à Ville-sur-Lumes, près de Mézières (Ardennes), le 16 décembre 1766. Guillotiné à Mézières le 14 juillet 1795. Le plus connu des terroristes ardennais inspirés par une idéologie égalitaire.

Fils de laboureurs aisés, Mogue étudia au collège de Charleville et poussa jusqu’à la licence en droit. Au collège même, il aurait fondé une « secte », ayant pour programme : « Égalité la plus parfaite entre les hommes, servir et secourir les malheureux, faire une guerre à mort à tous les ennemis et à tous les oppresseurs de l’humanité, et particulièrement aux nobles et aux prêtres. »
Établi comme homme d’affaires à Charleville, il se prononça au printemps de 1793 contre les « fédéralistes » ardennais et entra, le 9 mai, au Comité de Salut public de Mézières, pour assurer la victoire sur l’invasion étrangère et sur les riches qui la favorisaient par tous les moyens, y compris en affamant les pauvres. Il se fit le champion des taxations et des réquisitions en vue de constituer des magasins de vivres pour les ouvriers. Il parla aussi d’emprunt forcé sur les possédants. La guillotine était mise au service de cette politique populaire. Peut-être, si l’on retient les propos que lui prêtèrent ses ennemis, envisageait-il, comme dans les lois de ventôse an II, une distribution aux indigents de certains biens confisqués. Le plus significatif de ses propos dans ce sens serait celui-ci : « La Révolution est un pot bouillant, dont la guillotine est l’écumoire. Sans-culottes ! Dénoncez et dénoncez toujours, votre intérêt vous y engage, car tous ceux que vous dénoncerez seront ou détenus, ou déportés, ou guillotinés ; leurs biens seront confisqués au profit de la République, et la République, c’est vous. »
Incarcéré par la réaction thermidorienne, ainsi que ses amis, Mogue était probablement la victime non seulement de ses aspirations égalitaires et de l’expression qu’il leur avait donnée, mais aussi des dénonciations qu’il avait portées contre les Conventionnels ardennais Robert et Dubois-Crancé comme complices des spéculateurs et des accapareurs bourgeois de biens nationaux.
Détenu à la citadelle de Mézières, Mogue écrivit beaucoup. Voir Delecolle François*, Vassant Jean-Baptiste*

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article35124, notice MOGUE Nicolas-Memmie, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 5 juillet 2017.

SOURCE : Jules Poirier, Correspondance de Nicolas-Memmie Mogue, Reims, 1901, Bibl. Nat., 4° Lv 41/5599. (Ce sont les lettres écrites de la prison.)

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