MICHOT-BOUTET Jules, François

Né le 18 décembre 1815 à Saint-Sauveur-en-Puisaye (Yonne) ; la date et le lieu de son décès ne sont pas connus. Député du Loiret à la Constituante et à la Législative.

Il fut soldat et obtint les galons de brigadier dans un régiment de lanciers. Il s’installa ensuite comme ouvrier menuisier ou tonnelier à Gien (Loiret).
Candidat ouvrier aux élections à l’Assemblée constituante, en avril 1848, Michot passait pour communiste. Le militant parisien Moulin*, délégué du Club des Clubs à Orléans, constatait avec tristesse, à la veille du scrutin : « Des groupes d’ouvriers parcourent la ville et vont rayer sur les affiches le nom de Michot qui est communiste, disent-ils. Voilà le mot d’ordre et l’épouvantail avec lequel on abuse de la crédulité [...] du peuple des villes et surtout des campagnes. » (Arch. Nat., C 939.)
À Moulin et à son camarade Gosard*, Michot apparaissait comme un excellent démocrate, sans plus, mais fier de sa qualité d’ouvrier. Il fut élu septième sur huit représentants du Loiret, avec 36.758 voix et devant Victor Considérant*, dernier choisi.
Le 30 mai 1848, le député Paul Sevestre avait, à la tribune, violemment attaqué les Ateliers nationaux. Il lui répliqua : « Je monte à la tribune pour protester contre les paroles prononcées par le citoyen Sevestre. Il a parlé des ouvriers comme si c’étaient eux qui ont (sic) fait la crise qui est due au gouvernement qui est tombé le 24 février. Vous avez pu reconnaître, dans son langage, le langage d’un maître qui n’a jamais senti les tortures de l’ouvrier.
« Le citoyen Sevestre vous a représenté les ouvriers des Ateliers nationaux comme des paresseux qui ne veulent pas travailler et veulent empêcher le retour de la confiance. C’est une calomnie. Sans doute il y en a quelques-uns. Oui, mais ce n’est pas le grand nombre ; le grand nombre est bien intentionné, et je vous jure que si vous supprimez les Ateliers nationaux, beaucoup de ces ouvriers ne pourront plus trouver d’ouvrage et ils mourront de faim. »
Républicain démocrate de bonne volonté, Michot vota néanmoins l’ordre du jour en l’honneur de Cavaignac, mais refusa l’autorisation de poursuites contre Louis Blanc* et Marc Caussidière*.
Réélu comme Péan*, à la Législative, par des voix démocrates socialistes exclusivement, au nombre de 27.309, il s’affirma dès lors Montagnard et fit en 1849, 1850 et 1851 une active propagande démocratique dans le Gâtinais et le Giennois.
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Michot fut arrêté à Orléans le 3 décembre 1851 mais à la mi-janvier une lettre envoyée à Brest du ministère de l’Intérieur donnait l’ordre de surseoir à sa transportation à Cayenne.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article35032, notice MICHOT-BOUTET Jules, François , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 25 avril 2018.

SOURCES : C. Marcilhacy, « Crise dans le Loiret, 1846-1852 », dans Revue d’Histoire moderne et contemporaine, t. VI, n° de janvier-mars 1959. — Gazette des Tribunaux, 14 janvier 1852, p. 47, 1ère col.

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