MAY Jean, Joseph

Par Notice revue et complétée par J. Grandjonc

Né vers 1813 à Mandray (Vosges), mort en 1842. L’une des principales figures du groupe de communistes matérialistes, dits humanitaires, en 1840-1841.

May avait fait des études d’agriculture et il publia même un Traité de la culture des pommes de terre (Paris, 1839). Il était venu en 1838 à Paris et logeait en compagnie de l’avocat Joseph Mathieu* (dit d’Epinal) et de Victor Bouton*. Il apparaît après l’insurrection des 12 et 13 mai 1839 dans l’affaire dite de la rue Montpensier, car on avait trouvé des explosifs à leur domicile, ce qui entraîna leur arrestation à la fin octobre 1839 et les conduisit devant le tribunal correctionnel de la Seine en mai 1840.
« Nous sommes du même pays tous les trois, disait Mathieu, et nous nous sommes associés. Nous avions le même logement. » Et de soutenir que lui, Mathieu, s’était associé avec May, agronome, pour écrire un traité sur la culture des pommes de terre, tiré à 3 000 exemplaires. May reconnut que le traité n’avait pas été publié, à peine écrit. Mais tout cela n’expliquait pas les explosifs découverts chez les trois conspirateurs. Dans ses œuvres, bien sûr, Victor Bouton évoque cela, précisant que J.-J. May, propriétaire et cultivateur, avait d’abord été communiste de l’école babouviste de Charles Teste avec Mathieu.
May fut condamné à un an de prison et deux ans de surveillance. A l’issue de sa peine, ayant pris ou repris contact avec Charavay* et ses compagnons humanitaires, il quitta la France au printemps 1841 pour Londres. C’est de là qu’il participa à la rédaction de L’Humanitaire, fournissant entre autres deux articles, « Doctrine » et « De la science sociale ». Il devait rédiger à Londres la brochure théorique du communisme humanitaire que Charavay, Sans* et Page* attendaient avec impatience. A une date inconnue, mais antérieure à 1840, il s’était lié avec Jules Gay*, qui l’avait sans doute mis en relation avec ses connaissances owenistes à Londres : on voit en effet le socialiste Isaac Ironside, de passage à Paris fin août début septembre 1841, servir d’intermédiaire entre May et Charavay.
De retour en France l’année suivante, il fut arrêté et envoyé en Algérie pour ne s’être pas présenté à un ordre de mobilisation en 1840 (il était alors en prison) et mourut en revenant à Toulon sans doute fin 1842.
Selon Bouton, "ce qui a le plus distingué May, c’est le principe nouveau introduit dans le monde politique, que le gouvernement démocratique doit être anarchique. Il faut entendre ce mot selon sa valeur scientifique et non révolutionnaire."

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article34812, notice MAY Jean, Joseph par Notice revue et complétée par J. Grandjonc , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

Par Notice revue et complétée par J. Grandjonc

SOURCES : Arch. Nat., CC 791 (correspondances de May, Charavay et Gay liées au procès des Humanitaires). — Gazette des Tribunaux,, octobre-novembre 1839, mai 1840. — Victor Bouton, Profils révolutionnaires, Paris, p. 4, 160. — J. Gay, Le Socialisme rationnel, p. 34. — Jacques Grandjonc, Communisme/ Kommunismus/ Communism. Origine et développement international de la terminologie communautaire prémarxiste des utopistes aux néo-babouvistes, Trier, Karl Marx Haus, 1989, p. 169, 220, 238, 497-506, 509, 511, 514.

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