MATHIEU d’ÉPINAL Joseph, dit la Jambe-de-Bois, né MATHIEU Joseph

Par Jean Bossu, Jean Maitron

Né le 5 février 1800 à Épinal (Vosges), mort dans cette ville, le 12 octobre 1863. Communiste vosgien, animateur de tous les mouvements révolutionnaires dans le département.

Joseph Mathieu était fils d’un marchand de fil originaire de Dounoux, Nicolas, qui s’était retiré au chef-lieu pour vivre en propriétaire de ses revenus, assez modestes du reste. Les quatre frères de Joseph entrèrent dans le commerce, l’un fut huilier à Épinal, un autre bijoutier à Paris.
Joseph Mathieu fit des études de droit, reçut son diplôme d’avocat le 23 octobre 1830 et prêta serment au barreau d’Épinal le 8 novembre. C’était un grand jeune homme, aux yeux gris, au front haut, qui était amputé de la jambe droite et marchait à l’aide d’un pilon de bois.
Dès 1831, il participa indirectement à la fondation du journal républicain La Sentinelle des Vosges, auquel l’administration mena la vie dure. Une polémique avec un collaborateur de la Semaine vosgienne, inspirée par la préfecture, le conduisit sur le terrain, mais son adversaire, un fonctionnaire, contrôleur des douanes, lui fit des excuses et l’on en resta là.
Des poursuites furent engagées contre le gérant du journal et Mathieu, avocat stagiaire, présenta sa défense le 30 juillet 1831. Il usa des moyens d’exception préjudicielle et conclut à l’incompétence du tribunal. Ce moyen étant rejeté, il plaida fort audacieusement sur le fond : « Messieurs, dit-il notamment, luttant contre la puissance du préfet, sans autres conseils que nos faibles inspirations, j’entreprends la tâche et aborde la question. » Il relata les colères, les menaces, les séductions du préfet contre un journal qui avait le tort de s’affirmer républicain, et s’en prit finalement à l’égoïsme de classe du nouveau régime.
Mathieu fut également un des animateurs de la section vosgienne de l’« Association nationale pour assurer l’indépendance du pays et l’expulsion perpétuelle de la branche aînée des Bourbons. » Il était signalé comme faisant des avances aux sous-officiers du 7e dragons, et on en comprendra le but quand on saura que Mathieu, qui était en relations étroites avec Buonarroti* à Paris, avait fondé à Épinal une Vente de la Charbonnerie démocratique universelle, dont il était l’agent spécial dans les Vosges. On trouva plus tard dans ses papiers un rituel d’initiation dont l’inspiration est franchement communiste : « L’état actuel de la société est-il conforme à la justice et au bonheur général ? Non, car les riches ont le monopole des droits et le prolétaire n’a que celui des devoirs et des charges » etc. Cette Vente fut du reste un groupe à transformations multiples : à volonté, « Amis du peuple », section de la Société des Droits de l’Homme dont Mathieu était le président, selon l’enseignement et l’exemple de Buonarroti lui-même.
Aussi, lorsque survinrent les journées d’avril 1834, Mathieu fut-il arrêté (19 avril), et soumis à perquisition, encore qu’il ait eu le temps de brûler les papiers les plus importants. On trouva néanmoins chez lui les règlements de la Charbonnerie réformée et, comme l’écrit Victor Bouton*, cette découverte prouva au pouvoir qu’il existait, par-delà le républicanisme, « des idées plus effrayantes qui minaient l’état social de fond en comble ». Emprisonné à Sainte-Pélagie, puis à La Force, et compris dans la fournée des accusés de Lunéville, Mathieu fut condamné, le 7 décembre 1835, à cinq ans de détention et à la surveillance perpétuelle de la haute police pour complot contre la sûreté de l’État. Il fut alors transféré à Bicêtre (6 janvier 1836), puis à Doullens d’où il ne sortit qu’avec l’amnistie du 8 mai 1837. Il reçut un passeport pour Épinal, mais faussa compagnie aux policiers et disparut. Il était allé à Paris chez un de ses frères, bijoutier, 14, rue Sainte-Avoye. Il semble qu’il ait alors fait partie du comité des « Phalanges démocratiques », avec Pornin* et Vilcoq*, tous deux unijambistes comme lui.
Une décision ministérielle du 8 mai 1837 lui avait interdit le séjour d’Épinal. Mathieu y reparut néanmoins et, mandé par le maire, déclara qu’il ne ferait aucune concession. Le 24 novembre, il fut condamné à dix jours de prison pour rupture de ban. Il purgeait cette peine au début de janvier 1838 quand son père mourut. L’administration reçut l’ordre de lui remettre un passeport pour la Suisse. Mathieu n’en tint pas compte et fut, un peu plus tard, condamné derechef à vingt jours de prison. Alors il disparut, et les recherches les plus actives ne permirent pas de le retrouver.
En fait, il était à Paris, 33, rue des Lombards, dans un logement qu’il partageait avec ses compatriotes et coreligionnaires politiques Jean, Joseph May* et Victor Bouton. C’est là que la police fit une descente, le 29 octobre 1839, à la suite de la découverte d’une bombe chez un individu de la rue du Faubourg-Montmartre. Elle trouva chez Mathieu tout l’attirail complémentaire de la machine infernale, de la poudre, de la résine, de la filasse, du papier bleu, etc. En mai 1840, Mathieu comparut avec May, Bouton et divers autres révolutionnaires devant le tribunal correctionnel. Il fut défendu par un compatriote, Me Maudheux. Son interrogatoire n’apporta aucun éclaircissement sur son activité. Le 16 mai 1840, il était condamné à trois ans de prison et deux ans de surveillance, des chefs de détention de poudre et de munitions de guerre, de récidive et de rupture de ban, arrêt confirmé en appel le 3 juillet. Il passa les mois de mai et juin à Sainte-Pélagie et y fit la connaissance du scieur de long François Quénisset*, sur lequel il acquit un grand empire, à en croire le réquisitoire qui fut prononcé contre Quénisset quand ce dernier tira un coup de pistolet contre les princes d’Orléans le 13 septembre 1841. Le 21 août, Mathieu quitta Sainte-Pélagie pour être transféré peu après à Doullens, mais, dans la nuit du 12 au 13 septembre, il s’évada avec un certain nombre d’autres emprisonnés. Durant quatre mois les détenus avaient travaillé à creuser un souterrain. Mathieu réussit à se cacher, mais il fut repris et réintégré d’abord à Saint-Pélagie le 25 décembre, puis à Doullens le 24 janvier 1841. Il fut transféré le 26 mars au Mont-Saint-Michel, dont il subit le dur régime. Il y trouva notamment Auguste Blanqui* et Armand Barbès*. C’est le premier qu’il fréquenta, aux heures de promenade, ainsi que les blanquistes Flotte* et Nouguès*. Ses longues heures d’emprisonnement, il les consacra à composer des poésies qu’il a publiées plus tard, en 1844, en un volume intitulé Mes nuits au Mont-Saint-Michel, avec préface de Victor Bouton. Ses poèmes ont le ton romantique de l’époque. Il s’y montre déiste, patriote, et, après avoir décrit en termes emphatiques la chute de la vieille société, il évoque un avenir idyllique :
« Venez, peuple, venez au banquet social !
Venez sceller la loi nouvelle ;
Venez, ralliez-vous à ce brillant fanal,
Du devoir, étoile immortelle... »
Mathieu finit par obtenir sa grâce. Il fut libéré le 2 juillet 1843, et, surveillé étroitement par la police, s’en alla à Avranches, de là à Vire, finalement à Rouen où il obtint de se fixer une fois pour toutes. L’année suivante, après avoir vainement demandé la permission d’aller à Épinal pour des affaires de famille, il obtint de se rendre à Rambervillers pour quelques jours. Il y arriva le 26 juillet, fut reçu par les démocrates de la petite ville, les Georgé* et Mathis aîné*. Il soupa chez ce dernier, le soir du 30 juillet, avec Guilgot*, Julien*, Fabre* et autres Spinaliens, ainsi que les Georgé, les Mathis, Amand Constant* le maréchal. La police qui écoutait à la porte, ne réussit qu’à entendre un refrain de la Carmagnole.
Après un séjour à Épinal, accordé brusquement par l’administration, il retourna à Rouen. En 1845, l’administration lui prêtait l’intention d’aller fonder un journal d’opposition à Caen. Le projet resta lettre morte, mais le ministre fit redoubler la surveillance : « C’est un homme d’une grande exaltation, qui a toujours été considéré comme dangereux. » Mathieu se mêla, bien entendu, à l’agitation réformiste et ouvrière et devint en décembre 1846 gérant non responsable du journal Le Travailleur normand, journal spécial pour l’instruction, la moralisation et les intérêts des travailleurs.
La police le soupçonnait d’être en relations avec le mouvement parisien de La Réforme et d’être mêlé aux projets d’insurrection qui couvaient au début de 1847 parmi les « anarchistes de Rouen ». Cette même année, il publia un poème, Aux Italiens, chant de guerre. Les Profils révolutionnaires de Bouton nous le présentent ainsi à cette époque : « Mathieu est un socialiste de la vieille roche. C’est un homme entier à idées fixes, sérieux, positif, n’ayant ajouté à ses convictions de quinze ans que les idées débattues et dont son esprit méditatif a reconnu la validité [...] C’est un cœur droit. Il a un travers : son esprit absolu l’a rendu cassant. Peut-être la souffrance le montre-t-elle parfois aigri. La police de Louis-Philippe l’a recondamné, et l’avait chargé de sa surveillance impitoyable jusqu’à sa mort, seulement, parce qu’il n’y a ni loi ni moyen de lui en mettre au-delà. La figure de Mathieu est accentuée ; ses cheveux ont grisonné au Mont-Saint-Michel. »
En 1848, le rôle de Mathieu fut assez effacé. D’après sa profession de foi, il aurait été, à Rouen, commissaire organisateur de la nouvelle garde mobile, et gouverneur du château d’Eu. Aux élections d’avril, des escarmouches se produisirent entre la garde nationale et des éléments populaires ; le procureur général Franck-Carré, qui dirigea la répression, n’eut garde d’oublier Mathieu, si nous en croyons Louis Ménard* (Prologue d’une Révolution) qui assure que des « citoyens furent incarcérés uniquement pour leurs opinions républicaines, notamment Mathieu d’Épinal, dont le seul crime était d’avoir été détenu politique sous la monarchie. »
Il retourna ensuite à Épinal, car, le 21 mai, il était l’un des 31 Vosgiens désignés pour représenter à Paris leur département à la fête de la Concorde de ce jour (sur la liste, le préfet de l’époque avait ajouté, en face de son nom, cette mention : « Écrire à Marc Caussidière*, préfet de police »). Même la République se méfiait de lui. Du reste, sans qu’il fût à Épinal, ses amis politiques pensaient à lui. Le Comité électoral démocratique de Saint-Dié l’inscrivit sur sa liste, le 26 mars, et il fut également adopté conjointement par le Comité départemental des Vosges et par le Club central des Travailleurs. Mathis le recommandait à ses amis comme « homme populaire, qui a sacrifié sa vie pour la République. » La profession de foi de Mathieu était simple et directe. En voici les passages essentiels : « Ma profession de foi, citoyens, est inscrite depuis dix-huit ans en caractères rudes et profonds dans l’histoire du règne déchu, durant lequel je n’ai pourtant jamais douté une seconde de la réalisation de l’idée démocratique [...] Aujourd’hui, citoyens, que l’événement a justifié nos prévisions [...] il nous faut [...] redoubler de zèle et de vigilance en face de nos ennemis que vous connaissez, pour non seulement conserver, mais encore développer les premières conséquences de Février. Que demande en effet la classe déshéritée de l’ancienne société, cette classe qui est la plus nombreuse, la plus modeste, la plus laborieuse, en même temps que la plus patiente ? L’organisation du travail, qui amène immédiatement une plus équitable répartition des charges et des revenus, ou, en d’autres termes, de la main-d’œuvre ou de la peine et du salaire. Unissons-nous donc, chers compatriotes, d’une sainte unité d’action et répétons ensemble : tout pour le peuple et par le peuple ».
En fait, les Vosges eurent à peine quelques élus de gauche, et Mathieu d’Épinal se trouva bientôt plus que jamais dans l’opposition. Il restait blanquiste avant tout. Le 23 novembre 1848, on le vit, en compagnie de Ballon, Legros, Favre et Dubois, « tous désignés par la voix publique comme des socialistes », faire irruption, à la tête de deux cents ouvriers, dans une salle de l’Hôtel de Ville où étaient réunis des bourgeois « cavaignaquistes ». Les modérés se retirèrent, salués par les cris de « Nous ne voulons pas de Cavaignac, vive Raspail* et le drapeau rouge ! » De là la naissance d’un Comité central démocratique et social présidé par Mathieu, assisté de Ballon*, Legros* et Auguste Favre*.
L’année suivante, Mathieu fut l’un des neuf candidats de la Solidarité populaire électorale des Vosges, dont le programme était nettement socialiste et comportait : l’éducation gratuite et obligatoire et le fonctionnement des assurances, banques, chemins de fer, canaux, mines, etc... « au profit de la société tout entière, sous l’autorité de l’État ». Le 5 mars 1850, il signa avec d’autres amis une circulaire autographe invitant les électeurs d’Épinal à une réunion électorale pour le remplacement du représentant du peuple Perreau. La réunion eut lieu rue Lépoldbourg, mais elle se dispersa après l’arrivée d’un commissaire de police. Mathieu alla également entretenir la flamme des socialistes de Rambervillers, et plusieurs banquets démocratiques se déroulèrent en sa présence.
Aussi, quand vint le coup d’État du 2 décembre, était-il inscrit depuis longtemps sur la liste « rouge ». Les partisans de Mathieu ont-ils alors projeté une attaque par surprise de la préfecture ? Celle-ci en tout cas prit les devants en faisant arrêter les chefs : « À leur tête, écrivait le préfet, figure un homme dont la vie entière a été mêlée à toutes les conspirations et à tous les troubles politiques : cet homme est le nommé Mathieu, dit la-Jambe-de-Bois, condamné à diverses reprises pour sa participation aux complots qui ont éclaté depuis 1830 et qui passe même pour avoir pris une part active à l’insurrection de juin — pour avril à Rouen : il a toujours exercé l’influence la plus pernicieuse sur la classe ouvrière qu’il entretient constamment dans des dispositions insurrectionnelles. »
Mathieu fut donc emprisonné dès le 4 décembre, et la Commission mixte le désigna pour le bagne de Cayenne avec les attendus suivants : « Cet homme est dangereux par la ténacité de ses opinions, par son fanatisme politique, par la résolution de son caractère et par la hardiesse qu’il apporterait dans l’exécution de projets insurrectionnels. Il a toujours été affilié à des sociétés secrètes, mais son habitude de conspirer lui fait trouver les moyens d’échapper à toutes les investigations qui établiraient péremptoirement ces relations... » Le 14 mars, il arriva à la prison de Toul. Il fut conduit le 17 au fort d’Ivry et de là au bagne de Cayenne. On a la preuve de sa présence au bagne par deux documents. L’un est un rapport concernant un soldat arrivant de Cayenne qui remit une lettre de Mathieu au « sieur Favre » [Jules Favre*]. Elle fut saisie chez ce dernier, mais ne traitait que d’affaires privées. Mathieu y aurait laissé espérer qu’il allait être bientôt libéré. L’autre document est une lettre envoyée par Mathieu, de Cayenne, le 30 avril 1860, annonçant à Charles Delescluze* son retour dans les trois mois, avec des notes sur la Guyane et des documents suffisants pour alimenter un journal ou une série de petites brochures. Faut-il en conclure que Mathieu est resté à Cayenne de 1852 à 1860 ? Il existe un témoignage contradictoire, celui de Saint-Ferréol* qui, dans son livre sur la proscription belge, raconte que « Mathieu d’Épinal, qui avait une jambe de bois, ayant dû, pour une affaire d’honneur, aller en Hollande, d’Angleterre où le duel était défendu sous peine de déportation, quelquefois de pendaison, ne put se procurer qu’un permis de voyager sur lequel il y avait comme signe particulier : cicatrice sur la tempe gauche ! Il n’en fit pas moins son excursion sans encombre. »
Pour la préfecture d’Épinal, il était, dès 1852, considéré comme mort. Il est certain qu’au bagne de Cayenne, il ne sollicita jamais sa grâce et ne bénéficia d’aucune remise partielle. En 1858, il « est encore au bagne de Cayenne, il travaille, dit-on, dans les bureaux de l’administration. Il est utile, note le préfet, que cet homme ne revienne pas dans les Vosges. Sa présence serait funeste. »
Quand vint l’application de l’amnistie, en vertu du décret du 16 août 1859, l’administration apprit que Mathieu « a fondé à Cayenne un pensionnat qui prospère ; il ne veut pas revenir. » En fait, il ne tarda pas à avoir le mal du pays, et, le 19 juillet 1860, il se trouvait à Toulon où il demandait un passeport pour Épinal. Il se rendit à Paris où il arriva le 10 décembre 1860, logea, 183, rue Saint-Martin, avant de repartir pour une direction inconnue.
La police s’inquiétait toujours de ses faits et gestes ; un avis du ministère de l’Intérieur, envoyé le 17 octobre au préfet des Vosges, signalait que Mathieu aurait manifesté l’intention, au moment de quitter Cayenne, « de se mettre en relations avec une société secrète qu’il connaissait et dont le but était d’attenter à la vie de l’empereur ». À cette époque, le vieux lutteur avait barbe blanche et fortes moustaches ; ses yeux gris étaient enfoncés dans leurs orbites, le visage était allongé et maigre, le teint pâle. Il s’appuyait toujours sur sa canne et on avait remarqué que quand il sortait, il avait toujours un rouleau de papier à la main. Arrivé à Épinal sans grandes ressources, il semble avoir fait une très bonne impression sur le préfet. Ce n’était plus celui de 1851 (Regnault d’Épercy*, ancien révolutionnaire qui s’était rallié à Napoléon III) et il n’avait que de bons renseignements à donner sur Mathieu. À l’en croire, celui-ci ne parlait pas de politique et aurait déclaré avoir renoncé à ses anciennes opinions. Il était sans ressources et sa famille ne pouvait rien pour lui. Il n’avait rien demandé au préfet, et celui-ci n’en était pas moins apitoyé ; aussi obtint-il du ministère, le 22 août 1862, l’autorisation de lui faire une avance de 300 francs pour subvenir à ses besoins et l’aider à terminer un mémoire tendant à démontrer les avantages de l’introduction de la culture du coton en Guyane française. Cette brochure de 35 pages, à couverture jaune, signée J. Mathieu, avocat, parut en effet, éditée conjointement par Alexis Cabasse à Épinal et par Dentu à Paris ; la conclusion finale de ce rapport était la suivante : « (Ainsi) nous hâterons l’avenir, en assurant les exigences de notre industrie, en fondant le bien-être des travailleurs, base de tout édifice social. » On retrouve sa signature (J. Mathieu, avocat) dans le Courrier des Vosges de 1863. Il y traitait des questions concernant le coton.
Il mourut à l’hôpital d’Épinal, le 12 octobre 1863, à 5 heures du soir, ne laissant comme succession que quelques meubles sans valeur.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article34739, notice MATHIEU d'ÉPINAL Joseph, dit la Jambe-de-Bois, né MATHIEU Joseph par Jean Bossu, Jean Maitron, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 13 mai 2018.

Par Jean Bossu, Jean Maitron

ŒUVRES : Recueil de poésies : Mes Nuits au Mont-Saint-Michel, 1844. — Poème : Aux Italiens, chant de guerre, 4 pages, Darnétal, 1847. — De la culture du coton dans la Guyane française, Épinal-Paris, 1862, 35 pages. — Articles de journaux dans : La Sentinelle des Vosges (1831), Le Travailleur normand (1846), Le Courrier des Vosges (1863).

SOURCES : L’essentiel se trouve dans l’étude de Jean Bossu*, « Mathieu d’Épinal et son temps » (Revue des Révolutions contemporaines, t. XXXVII, Bulletins 172 et 174). — Jean-Michel Paris, L’Humanitaire (1841) : Naissance d’une presse anarchiste ?, Paris, L’Harmattan, 2014, 241 p.- (Collection Historiques. Série Travaux). — Arch. Dép. Paris (Seine), registres d’écrou DY/8 8-1238, DY/4 27-10105, DY/8 20-2241.

ICONOGRAPHIE : Portrait dans le recueil Mes nuits au Mont-Saint-Michel.

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