MADIER de Montjau, Noël, François, Alfred, dit Madier de Montjau aîné

Né à Nîmes (Gard) le 1er août 1814, mort à Chatou (Seine-et-Oise) en 1892. Avocat. Député de Saône-et-Loire en 1850. Montagnard, expulsé de France après le coup d’État du 2 décembre 1851. Député radical de la Drôme de 1874 à 1889.

Il était le petit-fils d’un député au conseil des Cinq-Cents et le fils d’un magistrat, conseiller à la cour d’appel de Nîmes en 1814, après avoir été auditeur au Conseil d’État.
En 1848, Madier de Montjau aîné était un des avocats républicains les plus connus du barreau de Paris.
Sa carrière politique active ne commença vraiment qu’au printemps 1850. Mais sa notoriété était déjà grande chez les républicains socialistes en 1849, puisque, quand Pérot*, Lefrançais* et Pauline Roland* fondèrent leur association d’instituteurs socialistes et songèrent à ouvrir une école, c’est à lui qu’ils s’adressèrent pour vérifier la rédaction de leur projet d’acte, avant de le déposer. Madier de Montjau leur donna l’assurance que l’acte était entièrement conforme à la législation du moment, mais leur fit observer, toutefois, en politique avisé, que rien n’empêcherait les autorités de s’opposer au fonctionnement de l’école, ce qui se produisit effectivement.
Élu premier sur six des députés de Saône-et-Loire aux élections complémentaires du 10 mars 1850, avec 61 412 voix, sur 105 573 votants et 157 148 inscrits, Madier de Montjau fut invalidé comme ses collègues, mais réélu le 28 avril, avec un chiffre de voix accru : 73 109, sur 120 162 votants et 154 015 inscrits. Il devint ainsi une des têtes visibles de ce « péril rouge » insidieux que le pouvoir allait dénoncer, et l’un des chefs de la Montagne à la Législative, pour très peu de temps.
Le 3 décembre 1851, Madier de Montjau organisait la résistance armée dans la rue. Peut-être même fut-il blessé. En tout cas, la police perquisitionna chez lui le 12 décembre, 30, rue des Bons-Enfants. Il lui échappa et fut expulsé en janvier 1852.
Réfugié en Belgique, il vécut en donnant des cours de droit et d’histoire à Bruxelles et à Anvers. En 1855, sur un affilié de la Marianne, la police de Napoléon III saisit une liste de ministres du futur Gouvernement provisoire républicain où Madier de Montjau avait le portefeuille de la Justice, Auguste Blanqui* celui du Commerce, Joigneaux* celui de l’Agriculture, Martin Nadaud* celui des Travaux publics et Victor Hugo* celui de la Marine.
Comme la plupart des radicaux patriotes, Madier de Montjau échoua aux élections à l’Assemblée nationale du 8 février 1871. Il n’entra à l’Assemblée, pour le département de la Drôme, que le 8 mai 1874. Déjà, en 1869, il avait pris une part active à la campagne électorale dans ce département et prononcé des discours démocratiques et socialistes devant la loge maçonnique de Valence, l’Humanité de la Drôme, Madier de Montjau devait rester député de la Drôme jusqu’en 1889, radical proche de Clemenceau, c’est-à-dire non ministrable, mais jouant un rôle à l’extrême gauche de la Chambre, dans les commissions, dans les groupes parlementaires, voire au bureau de l’Assemblée.
L’homme étonnait les jeunes républicains ambitieux par sa fidélité intransigeante au souvenir de la Montagne, celle de la Première et celle de la Seconde République.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article34248, notice MADIER de Montjau, Noël, François, Alfred, dit Madier de Montjau aîné , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

SOURCES : Arch. PPo., B a/1168 et Fichier alphabétique. — Arch. Nat., BB 30/413, P. 1246. — G. Lefrançais, Souvenirs d’un Révolutionnaire. — Victor Hugo, Histoire d’un Crime, rééd. 1958, EFR, (avec notices biographiques). — I. Tchernoff, Le Parti républicain au coup d’État et sous le Second Empire. — Georges Weil, Histoire du Parti républicain. — Robert, Bourloton et Cougny, Dictionnaire des Parlementaires français.

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