MADIER de Montjau Édouard, dit MADIER de Montjau jeune

Né vers 1819 à Nîmes (Gard) ; avocat ; ethnographe. ; républicain et socialiste.

Frère de Madier de Montjau aîné*. Avocat ne plaidant pas, Édouard Madier de Montjau fit ses premières armes d’orateur aux conférences du Quai d’Orsay puis organisa diverses sociétés « dans le but de venir en aide aux classes ouvrières ». Collaborateur de l’Esprit public, il écrivit dans la Patrie tant que son ami Paya en demeura rédacteur en chef.

Il prit une part active à la révolution de Février. Nommé commissaire général de dix départements par le gouvernement provisoire, il accomplit sa mission en quelques jours et revint à Paris. Journaliste au Peuple, il rédigea les statuts de plusieurs dizaines d’associations ouvrières. Il participa à la fondation du Conseil central des républicains démocrates-socialistes et fut désigné par le Ier arrondissement délégué au Comité démocratique-socialiste pour l’organisation des élections de 1849. Lors de leur clôture, il fut nommé membre de la commission des Vingt-cinq.

En juin 1849, il était domicilié à Paris, 22, rue du Bouloi. Il fut candidat « extrémiste » dans le Loiret, aux élections législatives de mai 1849, et ne fut pas élu. Dans la soirée du 13 mai, jour du scrutin, il encourageait, à Montargis, une manifestation accompagnée du drapeau rouge où l’on criait « Vive la Montagne ! Vive la République rouge ! » De juin à août 1849, il ne cessa de tenir des discours « incendiaires » dans les clubs de Montargis et de Gien, ce qui lui valut d’être poursuivi. C’est sans doute à ces poursuites que fait allusion la mention du fichier de la préfecture de police : « 25 juin 1849, perquisition et saisie ». En juillet 1849, il se présenta à une élection législative partielle, dans le Loiret, rendue nécessaire par la condamnation infligée à Victor Considerant*, après la journée parisienne du 13 juin. Il n’obtint que 7 309 voix, contre 23 006 à Lamartine qui retrouva ainsi un siège de député. il fut accusé de complot et d’attentat après le 13 juin 1849. Réfugié à l’étranger, il fut cette fois condamné à la déportation, par contumace, le 15 novembre 1849.
Madier de Montjau fit une carrière d’ethnographe sous la 3e république, membre de la Société d’Éthnographie, président de la Société Américaine de France. En 1878 il retrouva Théodore Ber*, de passage à Paris, qu’il avait connu en 1846 au journal La Fraternité.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article34247, notice MADIER de Montjau Édouard, dit MADIER de Montjau jeune , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 3 juin 2016.

SOURCES : Arch. PPo., Fichier alphabétique. — Pascal Rhaye, Les Condamnés de Versailles, Paris, l’auteur, 1850. — Ch. Marcilhacy, « Les caractères de la crise sociale et politique, de 1846 à 1852, dans le département du Loiret », Revue d’Histoire moderne et contemporaine, t. VI, janvier-mars 1959. — Théodore Ber, Une vie dans les Andes. Le journal de Théodore Ber (1864-1896), [éd. par] Pascal Riviale et Christophe Galinon, Ginkgo éditeur, Paris, 2014, p. 118. — Note de R. Skoutelsky.

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