LONGEPIED Amable

Insurgé parisien de février et de juin 1848 puis de décembre 1851 ; président du Club des Clubs ; républicain-socialiste.

Né à Paris en 1796. Professeur. Longepied était garde national de la Ve légion le 24 février 1848. Il fit partie d’une colonne qui déboucha par la rue de Rohan sur la place du Carrousel. Il répondit à Bugeaud, présent sur cette place : « Le peuple demande la mise en accusation des ministres, la liberté des prisonniers, l’abolition des lois de septembre 1835, l’amnistie, la réforme, la dissolution. »

Organisateur et président du Club des Clubs, lié à Ledru-Rollin dont il reçut les sommes qui permirent d’envoyer quatre délégués (en principe) par département, il se compromit dans la manifestation du 15 mai. Le 22 juin, il se retrouva dans les jardins du Palais-Royal avec Danse, Delaire, Chavant, Thille de la Commission de neuf membres chargée de la propagande pour le Club des Clubs (devenu Club centralisateur) pour prendre rendez-vous le 23 au matin chez Caussidière. Cette entrevue suspecte lui valut d’être arrêté, quoiqu’il fût rentré chez lui en apprenant sur les boulevards la nouvelle de l’insurrection et qu’il eût rejoint, le 24, sa compagnie au poste de la rue Montorgueil. Il fut libéré en août. Compromis le 13 juin 1849, comme membre des comités électoraux socialistes, il participa ensuite chez Thomassin à des réunions avec des « meneurs » ouvriers, en particulier lors de la discussion de la loi du 31 mai 1850. Le 2 décembre 1851, il assista à une délibération chez Thomassin où l’on décida de faire élever les barricades. Des émissaires furent dirigés, notamment auprès des associations ouvrières et sur les points où devaient être élevées les barricades. Longepied et son fils s’y trouvèrent eux-mêmes, principalement à la barricade du carré Saint-Martin qu’ils firent élever, et furent les derniers à combattre. Dans de nouvelles réunions, ils cherchèrent à rallier leur parti.

Tous deux en fuite, ils furent condamnés par contumace à « Algérie plus ». Ils étaient alors marchands de châles, 27, rue du Mail. Voir Dussoubs Denis*.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article34127, notice LONGEPIED Amable , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 2 janvier 2012.

SOURCES : Arch. Min. Guerre, A 11483 et B 1304. — Les mentions du rôle de Longepied sont très nombreuses. Citons : Garnier-Pagès, Histoire de la Révolution de 1848 ; Daniel Stern, Histoire de la Révolution de 1848 ; Georges Weill, Histoire du Parti républicain en France (1814-1870), éd. de 1928 ; Eugène Ténot, Paris en décembre 1851 ; A. Talandier, Denis-Gaston Dussoubs.
L’Abeille de la Vienne, mars-avril 1849 (à propos du procès des émeutiers de Limoges du 27 avril 1848 et de Louis Genty, envoyé du Club des Clubs à Limoges).

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