LE MOYNE Nicolas, René, Désiré

Né le 18 octobre 1796 à Metz (Moselle), mort le 14 février 1875 à Metz. Ingénieur et socialiste « hiérarchiste ».

Fils du greffier du tribunal civil de Metz, il fit ses études secondaires au lycée de la ville, entra à l’École polytechnique en octobre 1814, puis à l’École des Ponts et Chaussées en décembre 1817. Ingénieur des Ponts et Chaussées en Moselle de 1823 à 1830, puis dans les Ardennes, et enfin dans les Vosges, il prit sa retraite en 1848.
Il fut en contact avec les saint-simoniens dès avant 1830, date de son premier ouvrage, publié à Paris, Dissertations politiques et philosophiques. Première dissertation sur les principes du gouvernement et les délibérations des assemblées. L’influence saint-simonienne se voit clairement dans le mélange d’autorité et de technique, grâce auquel Le Moyne résout toutes les questions. Deux ans plus tard, c’est en vulgarisateur de Fourier que Le Moyne apparaît. Et c’est l’école sociétaire elle-même qui édita, en 1833, Association par phalange agricole et industrielle. Notions élémentaires et pratiques sur le système de M. Charles Fourier, par L. M. ancien élève de l’École polytechnique.
En 1834, Le Moyne avait déjà pris quelque distance à l’égard des fouriéristes parisiens et de Fourier : il publia, à Metz, par ses propres moyens, une brochure de 56 pages in-8° qui n’est pas considérée comme un résumé exact de la doctrine (Association par phalange agricole, industrielle. Notions élémentaires et pratiques sur la théorie sociétaire. Ensemble du système.) L’écart entre Le Moyne et les fouriéristes s’accrut après la mort de Fourier, quand Considerant entraîna l’école vers la démocratie. Comme d’autres, Le Moyne estimait que l’esprit de Fourier était trahi par Considerant. Il fit dès lors figure de théoricien indépendant sinon original.
Calculs agronomiques et considérations sociales..., Paris, 1838, puis Baronnie d’asile, ou ménage sociétaire-agricole, pour 30 ou 120 travailleurs, hommes ou femmes, d’au moins vingt-cinq ans, devis et code de ce minime conglomérat humain, féodal et charitable, Rochefort, 1842, ajoutèrent aux principes politiques les plus conservateurs de Fourier tout ce qu’il y avait de « technocratie » et de goût du pouvoir absolu chez les saint-simoniens. La forme serait plutôt fouriériste, mais les idées s’apparenteraient davantage à celles d’Enfantin à la même époque et ultérieurement.
Baronnie d’asile est signé « Medius ». Mais en 1848, Le Moyne n’était nullement un homme du centre. Il appartenait franchement au « parti de l’ordre », et lorsque Louis-Napoléon fit éclater le parti de l’ordre à son profit, Le Moyne se rangea parmi les bonapartistes. Ses ouvrages les plus caractéristiques de la fin de sa vie, par exemple ceux de 1857, ne parlent que d’« amélioration sociale à obtenir par la hiérarchie » et de « panhiérarchie ». Voir Maréchal Laurent*

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article33843, notice LE MOYNE Nicolas, René, Désiré, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

SOURCES : Hubert, Bourgin, Fourier. Contribution à l’étude du socialisme français, Paris, 1905. et Victor Considerant, p. 19 (note). — Henry Contamine, Metz et la Moselle de 1814 à 1870, Nancy, 1932, 2 vol. in-4°.

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