LALLEMAND Nicolas

Par Jean Risacher

Né le 12 janvier 1797, à Paris, fils d’un marchand de grains aisé de la rue des Petits-Carreaux, étudiant en droit, Nicolas Lallemand fut tué par un garde en faction à la grille des Tuileries le 3 juin 1820, lors des manifestations contre les projets de modification de la loi électorale. Cette mort eut des répercussions considérables sur les jeunes de cette génération. Ses obsèques, le 6, rassemblèrent plus de 6 000 personnes, en majorité des étudiants. L’émeute se poursuivit plusieurs jours, surtout dans les quartiers ouvriers, dont la répression fit une autre victime, l’ouvrier corroyeur Gravelot*. Un monument funéraire fut élevé à Lallemand au Père-Lachaise avec une souscription largement suivie. Il s’y trouve toujours, à l’ombre de celui de Casimir Périer. L’an d’après, en juin, la nouvelle de l’acquittement de son assassin fut très mal ressentie dans les milieux étudiants. Sa mémoire resta très vive et l’anniversaire fut longtemps célébré. À noter qu’en 1818 un étudiant en droit du même nom figurait dans une commission d’étudiants formés pour collecter des fonds destinés aux Français du Champ d’Asile.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article33170, notice LALLEMAND Nicolas par Jean Risacher , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

Par Jean Risacher

SOURCES : Louis Blanc, Histoire de Dix ans (1830-1840), Paris, Pagnerre, 1841-1844, 5 vol., diverses rééditions, 1846 à 1877. — L.-A. Blanqui, œuvres I. Des origines à la Révolution de 1848, textes présentés par D. Le Nuz, Nancy, Presses Universitaires, 1993. — J.-C. Caron, La Jeunesse des Écoles, Paris 1815-1848, thèse de doctorat, sous la direction de Maurice Agulhon, Paris I, 1989. — J.-C. Caron, Génération romantisme, Les Étudiants de Paris et le Quartier latin, Paris, A. Colin, 1991.

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