LA COLLONGE (de) Léon, Hubert ou LA COLONGE Léon, ou LACOLONGE Léon, , ou LACOLLONGE Léon

Par Jean Maitron

Né en 1816. Journaliste, homme de lettres, maître d’études à l’institution Delahaye, 8, rue du Montparnasse, à Paris. Combattant de Juin 1848. Probablement le meilleur chef politique et militaire de l’insurrection.

L’un des secrétaires de l’Association démocratique des Maîtres d’études des lycées de Paris, La Collonge fonda, le 30 mai 1848, L’Organisation du Travail, journal des ouvriers, quotidien dont il était le rédacteur en chef, qui se donnait pour mission de répandre les lumières parmi les classes ouvrières et qui se fit l’écho des revendications corporatives et l’organe des sociétés fraternelles.
Il parut vingt numéros du journal du 3 au 24 juin 1848. Les autres rédacteurs en étaient Paul Dupont*, Jacques Désiré*, Savinien Lapointe*, Ch. Deslys* et Ch. Deshaye*.
Rédacteur des statuts de la Société générale des ouvriers en papiers peints, La Collonge fut l’animateur de leur grève qui attira l’attention générale en raison de l’usage que firent les grévistes des Ateliers nationaux comme remède à leur chômage volontaire.
En Juin 1848, cet homme plein d’intelligence et d’activité devint sans contredit le chef le plus notable de l’insurrection, quoique son action se soit limitée au VIIIe arrdt (ancien). Il dirigea l’assaut contre la caserne de Reuilly, puis contre la mairie du VIIIe, où il usurpa les pouvoirs du maire et chercha, en contrôlant l’Imprimerie nationale, à jeter les bases d’un gouvernement révolutionnaire.
Le maire du VIIIe arrdt était alors Victor Hugo. Pour s’être « violemment emparé » de cette écharpe illustre, et pour son rôle de chef, La Collonge fut condamné, le 27 avril 1849, à vingt ans de détention.
Immédiatement après sa condamnation, il fut transféré aux Madelonnettes. Il y partagea la cellule d’un autre condamné des conseils de guerre, Pottier, et d’un condamné de droit commun, employé des postes. Une évasion fut préparée, pour ce dernier, par Frédéric Cournet, un ami de la famille. Naturellement, Pottier et La Collonge devaient profiter de l’aubaine. L’entreprise réussit pour Pottier. Quant à La Collonge il eut peur de se suspendre au va-et-vient qui, du toit, devait le transporter directement dans la rue, et il s’abstint.
Son échec, volontaire ou non, lui valut une condamnation supplémentaire à un an de prison, en mars 1850. Ses camarades de captivité lui en tinrent cependant rigueur. Il ne fit aucun geste pour mettre fin à cet état de choses, et supporta son isolement avec beaucoup de dignité. Il était devenu sceptique en politique et ne croyait plus guère en l’avènement de « la Sociale », pour laquelle, cependant, il se déclarait toujours prêt à combattre.
Selon son dossier de la préfecture de police, il aurait été transféré à Belle-Ile, le 2 octobre 1850.
Là, sa conduite lui valut, en mai 1856, une réduction de trois ans et, en octobre, le restant de sa peine lui fut remis à l’occasion de la naissance du prince impérial.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article33039, notice LA COLLONGE (de) Léon, Hubert ou LA COLONGE Léon, ou LACOLONGE Léon, , ou LACOLLONGE Léon par Jean Maitron, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 23 janvier 2017.

Par Jean Maitron

SOURCES : Arch. PPo., A a/429 et 430. — Arch. Nat., BB 24/489-493, dossier 2250. — G. Lefrançais Souvenirs d’un Révolutionnaire.. — Journal des débats politiques et littéraires, 8 avril 1849, p. 2, 2e col.

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