KRANTZ Jean-Baptiste, Sébastien

Né le 17 janvier 1817 à Arches (Vosges), mort en 1899 à Paris. Ingénieur des Ponts et Chaussées, fouriériste, homme politique républicain de la IIIe République.

Ancien élève de l’École polytechnique et ingénieur des Ponts et Chaussées à partir de 1843, il termina sa carrière administrative comme Inspecteur général des Ponts et Chaussées.
En 1847, il fit paraître en même temps, à la Librairie sociétaire, deux fortes brochures intéressantes par la rationalisation et la pragmatisation qu’on y trouve des grandes idées de Fourier sur le progrès de l’outillage, des moyens de transport et sur le travail attrayant des collectivités organisées sur un mode quasi militaire : Étude sur l’application de l’armée aux travaux d’intérêts publics, in-8°, 118 pp., et Projet de création d’une armée des Travaux publics, in-8°, 91 pp. Aucune de ses œuvres ultérieures d’ingénieur ne touche plus aux sciences sociales.
Candidat aux élections législatives du 13 mai 1849 en Seine-et-Marne, et aux élections municipales de Meaux, il déclarait dans ses professions de foi :
« Je suis socialiste aujourd’hui et n’ai pas cessé de l’être depuis dix ans [...] Je suis infiniment convaincu que les sociétés modernes seront agitées sans trêve et sans relâche tant qu’elles n’auront pas su détruire le paupérisme, la misère et l’ignorance des classes laborieuses. Je suis convaincu que l’organisation du travail, l’association des producteurs, la suppression de la concurrence anarchique sont des problèmes que l’on devra étudier et résoudre sous peine de nouvelles révolutions. Mais je déclare que dans ma conviction, attenter à la propriété, la répartir entre tous serait provoquer d’épouvantables déchirements et d’atroces misères. Mais je déclare que je ne veux pas d’organisation du travail par décret, d’association imposée et qu’au nom et dans l’intérêt de mes opinions, je repousse toute violence. »
Il demandait en conséquence la garantie du droit au travail, un travail organisé et libéralement rétribué, l’association libre et volontaire de tous les éléments producteurs de la richesse, une prévoyance sociale étendue à tous les faibles.
Constructeur du palais de l’Exposition universelle de 1867, il devait être nommé dès 1876 Commissaire général de l’Exposition universelle de 1878.
Républicain discret sous l’Empire, il fut élu député républicain de la Seine aux élections complémentaires du 2 juillet 1871, après la Commune. Présenté par la gauche, il fut désigné comme sénateur inamovible, le 10 décembre 1875, et vota au Sénat à partir de 1880 sensiblement à droite des opportunistes.
Propriétaire à Isles-lès-Villenois (Seine-et-Marne), il s’intéressait autour de 1893 à ce département et aux affaires de chemins de fer et de grands travaux ultramarins.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article32984, notice KRANTZ Jean-Baptiste, Sébastien , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

ŒUVRES THÉORIQUES : Projet de création d’une Armée des travaux publics, Paris, Librairie sociétaire, 1847, in-8°, 95 pp. — Étude sur l’application de l’Armée aux travaux d’utilité publique, Paris, Librairie sociétaire, 1847, in-8°, 126 pp. — Le présent et l’avenir. Coup d’œil sur la théorie de Fourier, Paris, Librairie sociétaire, 1848, in-16, 122 pp.

SOURCES : Arch. Dép. Seine-et-Marne, 611 F 5. — G. Vapereau, Dictionnaire universel des Contemporains. — Robert, Bourloton et Cougny, Dictionnaire des Parlementaires français.

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