JOLY Jacques, François, Clair, Henry

Né à Limoux (Aude) le 25 novembre 1790, mort le 4 septembre 1870. Avocat à Limoux. Représentant montagnard de la Haute-Garonne en 1848 et de Saône-et-Loire en 1849.

Défenseur des libéraux sous la Restauration, Joly se trouva lui-même impliqué dans une affaire politique qui lui valut un an de prison et d’être rayé momentanément du barreau. Procureur général de Montpellier (Hérault) en juillet 1830, il fut destitué le 13 mars 1832.et entra dans l’opposition. Joly fut député de l’opposition radicale de 1831 à 1834 pour Pamiers et de 1838 à 1846 pour Toulouse. Membre en 1833 du Comité de Défense de l’Association républicaine pour la défense de la liberté de la presse patriote et de la liberté individuelle, il participa aux sociétés démocratiques dans son département ainsi qu’à Toulouse, exaltant la république. Défenseur des accusés d’avril (Carcassonne). Il reprit sa place au barreau en 1834 et fut de nouveau député de 1836 à 1846.
Il fut, aussitôt après la révolution de Février, commissaire du Gouvernement provisoire dans la Haute-Garonne, le Tarn et en Tarn-et-Garonne. Ses adversaires de Toulouse l’accusèrent d’être un nouveau roi d’Aquitaine, un despote, ou un proconsul d’Aquitaine. Ce qui ne l’empêcha pas d’être élu à la Constituante, le 23 avril 1848, second sur douze, avec 73 146 voix.
Joly vota régulièrement avec la Montagne, contre les poursuites relatives à Louis Blanc et à Caussidière, pour l’amendement Grévy, contre les crédits de l’expédition de Rome. Le 22 mai 1849, après un échec dans la Haute-Garonne, il prononçait devant la Constituante, sous les applaudissements de toute la gauche, un discours sur les affaires d’Italie et de Hongrie.
Joly se fit élire à la Législative, par le département de Saône-et-Loire, à l’élection partielle du 19 août 1849. En 1850, il se prononça contre la loi Falloux et contre la loi restrictive du suffrage universel. En 1851, son nom fut cité dans l’affaire du « complot » de L’Émancipation de Toulouse. Il s’agissait d’une décision prise par l’administration de L’Émancipation de faire distribuer chaque semaine le numéro du dimanche du journal, dans les ateliers. Pour les autorités, c’était un complot, en ce sens que c’était « coordonner les forces du parti démagogique ». Voir Duportal Armand*
Au cours de l’enquête fut saisie une lettre adressée le 11 mai 1851 par Joly à l’ancien constituant Mulé, où on lisait : « C’est en 1852 seulement que la lutte doit s’ouvrir. »
Les suites ne semblent pas avoir été désagréables pour Joly, qui ne paraît pas, non plus, en dépit de ses opinions républicaines invariables, mais peut-être à cause de son âge, avoir été inquiété sous l’Empire.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article32828, notice JOLY Jacques, François, Clair, Henry , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 5 juillet 2017.

ŒUVRE : Lettre de M. Joly, député de l’Ariège, aux électeurs patriotes de Pamiers..., Toulon, chez le citoyen Pouriac, 1832, in-8°, 8 p.

SOURCES : Arch. Nat., BB 30/394, P. 414 bis. — Robert, Bourloton et Cougny, Dictionnaire des Parlementaires français.

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