GILBERT Henri, Eugène

Par Didier Bigorgne, Henri Manceau

Né le 16 décembre 1878 à Deville (Ardennes) ; mort le 26 avril 1931 à Nouzonville (Ardennes) ; ouvrier métallurgiste ; syndicaliste ; secrétaire de la Bourse du travail des Ardennes (1913-1914), puis de l’UD-CGT des Ardennes (1914-1922).

Fils d’un ouvrier ajusteur et d’une mère au foyer, Eugène Gilbert exerçait le métier de mouleur quand il épousa Joséphine, Armantine Moreaux, sans profession, le 13 avril 1901 à Charleville (Ardennes). De cette union naquit un garçon qui devint militaire de carrière.

Secrétaire du syndicat des mouleurs de Nouzon depuis 1907, Eugène Gilbert fut élu conseiller prud’homme (section des Métaux) pour l’arrondissement de Charleville en 1910. Dès le 30 avril 1911, il seconda Théophile Sauvage* en occupant le poste de secrétaire adjoint de la Fédération des syndicats ouvriers des Ardennes qu’il représenta au 12ème congrès national de la CGT au Havre du 16 au 23 septembre 1912.

A partir du 27 octobre 1913, Eugène Gilbert devint secrétaire permanent de la Bourse du travail dont le siège était à la Maison du peuple de Monthermé, avec un salaire mensuel de deux cents francs. Il militait auprès de Théophile Sauvage, du typographe Louis Trésignies* de Charleville, et du métallurgiste puis ouvrier du Bâtiment Auguste Labbé*, qui appartenait encore à la commission de l’UD-CGT en janvier 1921. Cette nouvelle fonction lui valut d’être perquisitionné à son domicile lors de la lutte contre la loi des trois ans.

Enfin, Eugène Gilbert fut élu secrétaire de l’UD-CGT des Ardennes lors du congrès fédéral du 19 avril 1914. En 1919, il reconstitua l’Union départementale. Au congrès qui se tint le 17 août à Monthermé, il fut désigné secrétaire permanent de l’UD-CGT, malgré l’opposition des responsables du syndicat des Métaux qui voulaient le déplacement de la Bourse du travail de Monthermé à Charleville. La même année, Gilbert fit partie d’une commission paritaire de la Métallurgie.

Le 21 janvier 1920, Eugène Gilbert assista au congrès départemental de l’UD-CGT qui décida finalement le transfert de son siège à Charleville. Il intervint pour condamner avec fermeté le blocus de la Russie. Pendant les grèves de l’année 1920, il mena une activité importante au sein du comité intersyndical qui regroupait les syndicats des Métaux, des postiers, des cheminots, des employés, des ouvriers du bâtiment et des transports.

Eugène Gilbert participa au 15ème congrès national de la CGT qui se tint à Orléans du 27 septembre au 2 octobre 1920, et donna la victoire aux réformistes. Avec Marcel Juvigny*, secrétaire du syndicat des employés, il approuva le rapport moral, c’est-à-dire les principes et l’action. Enfin, il assista au congrès des cheminots (22 au 24 avril 1921 à Mohon), qui prononça l’exclusion des minoritaires.

Après la scission syndicale de juillet 1921, l’UD-CGT se reconstitua au congrès de Monthermé, le 28 janvier 1922. Eugène Gilbert et l’ancienne direction furent évincés et remplacés par une nouvelle équipe avec Gaston Delcourt *comme secrétaire général. Certes, les responsables de l’ancienne UD-CGT avaient laissé des dettes et des papiers comptables mal tenus, mais les raisons politiques prévalurent, à l’exemple de la position du typographe carolopolitain Maquet qui se refusait à suivre « les redresseurs syndicalistes, dont un ancien secrétaire de l’Union des syndicats ouvriers des Ardennes ».

Malgré sa mise à l’écart, Eugène Gilbert poursuivit son engagement dans le mouvement syndical. Réélu conseiller prud’homme en 1919, il le demeura jusqu’en 1926. Dans le même temps, il cumula les responsabilités syndicales à Monthermé où il exerçait la profession de polisseur sur métaux : il était secrétaire à la fois du syndicat des ouvriers en métaux et du syndicat des ouvriers carriers, maçons, ardoisiers, terrassiers et parties similaires de la localité.

Eugène Gilbert quitta le logement de la Maison du peuple de Monthermé à la fin du mois de février 1925. Il se fixa à Nouzonville où il mourut à son domicile.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article32292, notice GILBERT Henri, Eugène par Didier Bigorgne, Henri Manceau, version mise en ligne le 30 mars 2016, dernière modification le 29 mars 2016.

Par Didier Bigorgne, Henri Manceau

Sources : Arch. Nat., F7/13 567 et F7/13 599. — Arch. Maison du peuple de Monthermé.— Registre syndical du Livre de Charleville. — Le Socialiste Ardennais, 1919 à 1922. — La Voix du Peuple et la Bataille syndicaliste, mai 1914, compte rendu du 4e congrès de la fédération, 19 avril 1914. — Presse locale.— Etat civil de Deville et de Charleville-Mézières.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément