GUILBAUD Pierre

Menuisier. Il a joué un très grand rôle dans l’organisation de la société secrète la Marianne et de sa filiale parisienne, la Jeune Montagne. Il fut affilié à la Marianne, alors qu’il travaillait à Bordeaux, en 1853, ou dans les premiers mois de 1854, et subit une première condamnation le 7 mars 1854. À la fin de cette même année, il s’installa à Paris et essaya de regrouper les anciens affiliés de Bordeaux qui travaillaient dans l’usine Cail. Il fit connaissance de Ramade* par l’intermédiaire du mécanicien Gsell qu’il avait connu à Cette. Le 16 octobre 1854, il offrit à Ramade de le mettre en contact avec Violsin ou Viollain, lui-même en rapport avec les ouvriers du chemin de fer d’Orléans. Dans une réunion qui se tint chez la femme Martin, 5, rue Aumaire, à Paris, Pierre Guilbaud chanta une chanson de l’ex-représentant Vignier et s’écria : « Lorsqu’on a été mouchard à Londres, bourreau à Rome, on peut bien être maquereau à Paris ». (On ignore à qui il faisait allusion, mais sans doute est-ce à Napoléon III.)
Avec Gros* et Ramade, il forma le comité chargé des liaisons avec les autres Mariannes. Le 4 août 1855, il fut condamné à quatre ans de prison, 100 francs d’amende et cinq ans d’interdiction de séjour. C’est par ses aveux que l’on apprit que Delescluze et Marchais avaient mis la Marianne (ou Jeune Montagne) en rapport avec le comité de Londres. Voir Ramade Isidore*.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article32159, notice GUILBAUD Pierre , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 23 avril 2018.

SOURCES : Arch. Nat., BB 30/413, P. 1246, et P. 1247.

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