GABET Gabriel

Né le 22 novembre 1763 à Dijon (Côte-d’Or), mort à Dijon le 15 février 1853. Avocat et militant républicain fouriériste.

Il débuta dans la vie publique en participant au « comité des avocats patriotes » qui organisa la campagne électorale pour les États généraux. Membre du club des Jacobins et du conseil général de la Commune en 1792, il fonda, le 24 janvier 1794, le journal Le Nécessaire. Il approuva le 9 thermidor, mais semble avoir eu ensuite des sympathies pour les doctrines de Babeuf. Il fit partie de la municipalité de Dijon jusqu’au 18 brumaire et quitta alors sa ville pour devenir consul de France à Zurich. Il ne semble pas avoir exercé ces fonctions après la fin du Consulat ni avoir eu d’activité publique sous l’Empire. Pendant les Cent-Jours, il fut un des organisateurs de la Fédération bourguignonne, et se fit remarquer en proposant à Napoléon un projet de « pacte social pour la France » dans lequel il préconisait le remplacement du système électoral impérial par un système censitaire modéré et suggérait en outre une « confédération générale entre les puissances de l’Europe », pour éviter le retour des guerres.
La Restauration fit de lui un des chefs du parti libéral en Côte-d’Or, et il fut conseiller municipal de Dijon au début de la monarchie de Juillet. Il avait adhéré au mouvement fouriériste dès 1824, organisé chez trois libraires de la ville la diffusion des œuvres de Fourier et constitué un petit cercle de disciples. Il adressa en 1840 une pétition à la Chambre des députés pour demander l’établissement par l’État de colonies agricoles et manufacturières inspirées directement de la conception fouriériste du phalanstère. Il publia en 1842 un Traité élémentaire de la Science de l’Homme, en trois volumes, dans lequel il reprenait nombre d’idées de Fourier et de Considerant et fut en 1847 un des premiers souscripteurs de la Boulangerie sociétaire de Dijon. Voir les fouriéristes de la Côte-d’Or : Bissey Gabriel*, Brullé*, Collenot Jean-Jacques*, Colot Louis*, Grapin Jacques*, Luce-Villiard Jean-François*, Malinowski Jacques*, Masson Jean-Baptiste*, Meugniot Louis*, Meunier Victor*, Nodot Léonard*, Oudot Jean-Claude*, Pelliat*, Trullard Jacques*

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article31275, notice GABET Gabriel, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

ŒUVRES : Le Nécessaire, du 24 janvier 1794 au 22 octobre 1795, publié à Dijon (Bib. Mun. de Dijon, MIC 253). — Code perpétuel des commissaires du Directoire exécutif près les administrations municipales, Dijon, Carion, 1799. — Projet d’un pacte social pour la France, Dijon et Paris, 1815. — De la Révision de la Charte, Dijon, Carion, 1819. — Motifs de mes votes en 1822, Dijon, Carion, 1822. — Traité élémentaire de la Science de l’homme, considéré sous tous ses rapports, 3 vol., Paris, 1842.

SOURCES : Jean Gaumont, Le Socialisme en Côte-d’Or (Manuscrits de la Bibliothèque de Dijon, numéros 2529-2532). — Jean Gaumont, Histoire générale de la Coopération en France, Paris, 1923-1924, t. I. — Flora Tristan, Le Tour de France. État actuel de la classe ouvrière sous l’aspect moral, intellectuel, matériel, 1844 ; rééd., Paris, 1873. — C. Muteau et J. Garnier, Galerie bourguignonne, Dijon-Paris, 1858. — Alexandre Bally, Gabriel Gabet, 1763-1853. Du praticien de la Révolution au théoricien utopiste du XIXe siècle, mémoire de maîtrise, dactyl., Dijon, 1994. — Note de P. Lévêque.

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