FUGÈRE Henri

Par Notice revue et complétée par J.- C. Dubos

Graveur à Paris. Fouriériste.

Patron d’une entreprise de gravure, il organisa en 1832 des cours du soir pour ses ouvriers (Voir Ballanche*). Le 22 septembre 1832, Just Muiron* écrit à Clarisse Vigoureux* : « Un ouvrier estampeur, nommé Fugère, fait tous les samedis à ses pairs, réunis en assemblée assez nombreuse une sorte d’enseignement sur le Nouv. m. (Nouveau Monde industriel). Nodier* et Ballanche y sont assidus. (Fourier*), Abel (Transon*) et Victor (Considerant*) s’y sont rendus samedi. »
Henri Fugère continuera à militer dans le mouvement fouriériste, signant notamment une affiche sans date intitulée : « Organisation du travail par la fondation d’une commune modèle ». En 1837, il est, avec Tandonnet*, Hugh Doherty* et Édouard Ordinaire* l’un des fondateurs de l’Institut d’Études sociétaires, hostile à Considerant, qui n’eut qu’une existence éphémère. ). En 1839, il collabora à la Ruche populaire. Le 26 mai 1841, l’auteur dramatique Félix Pyat* emmène Eugène Sue* dîner chez Fugère. « C’était un ouvrier estampier, écrit Pyat, spirituel comme un parisien, érudit comme un allemand, expert dans son art, expert aussi en science sociale... Je vis le lettré (Eugène Sue), écouter de toutes ses oreilles, surpris puis charmé... L’ouvrier avait le verbe et donnait la lumière. Discutant théorie et pratique, les divers systèmes à la mode, saint-simonisme, fouriérisme, comtisme, il traita à fond les questions économiques les plus ardues, matière première, main-d’œuvre, crédit, produit, salaire, échange, circulation et distribution, capital et travail associés et opposés, tous les problèmes de la science sociale, avec le génie du philosophe, la passion du tribun, la raison de l’homme d’État et le bon sens de l’ouvrier, si bien qu’à la fin de ce discours prodigieux, Eugène Sue, comme illuminé de rayons et d’éclairs se leva et s’écria "Je suis socialiste". »
Il fut signataire d’une affiche sans date intitulée Organisation du travail par la fondation d’une commune modèle.
Selon Jean-Louis Bory, biographe de Sue, Henri Fugère devait se faire tuer sur les barricades de la Seconde République. Il était l’aïeul du baryton Lucien Fugère (1848-1935).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article31258, notice FUGÈRE Henri par Notice revue et complétée par J.- C. Dubos, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

Par Notice revue et complétée par J.- C. Dubos

SOURCES : Arch. Nat. 10 AS (3) et 38 (7), Lettres de Fugère à Fourier et Considerant. — Bibl. Mun. Besançon (Doubs), lettres inédites de J. Muiron à Clarisse Vigoureux. — Félix Pyat, « Souvenirs littéraires », Revue de Paris et de Saint-Pétersbourg, février 1888, cité par Jean-Louis Bory, Eugène Sue, Paris, Hachette, 1962. — Hubert Bourgin, Victor Considerant. Son œuvre, Lyon, 1909. — G. Del Bo, Charles Fourier e la Scuola Societaria, p. 27. — Note de J.- J. Goblot.

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