FOULTIER Gilbert

Par Claude Pennetier, Michel Pigenet

Né en 1813 à Meillant (Cher), politisé pendant ses années de séjour à Paris, maire de son village d’origine en 1848, actif propagandiste socialiste, déporté en 1851.

Ouvrier taillandier ou serrurier, il travailla un temps à Paris, rue Beaumarchais, et participa à l’agitation républicaine des premières années de la Monarchie de Juillet. Inquiété, en 1834 après les événements de Saint-Merry au cours desquels il aurait été blessé, il fut relâché avant d’être arrêté, l’année suivante, dans le cadre de l’enquête ouverte au lendemain de l’attentat de Fieschi. Selon le procureur général Corbin, Foultier se vantait d’avoir appartenu à la Société des Droits de l’Homme. De retour à Meillant, sa notoriété lui valut d’être nommé maire en 1848. Pour peu de temps. Présent à Paris le 15 mai de cette année, il parvint à échapper à la répression. Accusé de port d’emblème séditieux, il fut acquitté, mais n’évita pas la révocation, le 16 mars 1849. On lui reprochait, notamment, d’avoir distribué des bulletins au nom de Ledru-Rollin et d’afficher le nom de ce dernier sur son chapeau orné d’un bonnet rouge...
Le 6 mai 1849, il conduisait l’importante délégation de Meillant venue assister au grand rassemblement — 1 500 à 2 000 personnes — organisé par Félix Pyat* à Saint-Amand-Montrond. Ce jour-là, Foultier arbora une fois encore le bonnet rouge et refusa de le retirer. Considéré, désormais comme un propagandiste socialiste, il appela, le 27 mai, les habitants d’Uzay-le-Venon (Cher) à se préparer à marcher sur Paris. Animateur de la société secrète de Meillant, père de cinq enfants, il fut arrêté en 1851 et condamné à 10 ans de bagne à Cayenne, peine commuée en déportation en Algérie (Afrique plus). Le jugement sévère porté par la Commission mixte sur Foulquier lui permit de prononcer 55 peines diverses sur les 57 cas de citoyens de Meillant qui lui étaient soumis
Gracié, il revint à Meillant et renoua avec d’autres anciens "exaltés". Les avis divergent, cependant, sur l’attitude de Foultier. Selon les uns, il professait toujours, en avril 1853, les mêmes idées qu’hier et reprochait à certains leur lâcheté actuelle. D’autres affirmaient l’avoir entendu se dire favorable à l’Empereur.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article31103, notice FOULTIER Gilbert par Claude Pennetier, Michel Pigenet, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 5 septembre 2018.

Par Claude Pennetier, Michel Pigenet

SOURCE : Arch. Nat., BB 30/399 ; C 937. — Arch.. Dép. Cher, 23 M 69, 31 U 595, 38 U 123.

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