FAIVRE

Commissaire adjoint du Gouvernement provisoire à Besançon, en mars 1848. Républicain radical proche des aspirations du peuple jurassien.

En avril, par plusieurs arrêtés, dont l’un est daté du 11, il ordonna l’octroi à bail du quart des biens communaux au quart des familles les moins imposées de chaque village. Une commission municipale de neuf membres que dominaient six jeunes chefs de famille, parmi les moins imposés, et où le maire, le percepteur et le garde champêtre assuraient seulement la mise en forme des décisions, devait être installée dans chaque village. Il fut loin d’en être ainsi partout. Les propriétaires importants ou bien parvinrent à empêcher la constitution de la commission municipale, ou bien la rendirent inopérante, ou bien réussirent rapidement à en opposer les membres les uns aux autres. Pour l’habituelle usurpation des biens communaux par les riches, il y eut plus de peur que de mal.
Faivre accorda aussi le droit de parcours dans les taillis de plus de dix ans. Il attacha ainsi les pauvres, fidèles par force à la vaine pâture, au régime républicain. Tandis que la presse conservatrice accusait le commissaire-adjoint de se comporter comme un conventionnel en mission — elle évoquait en particulier la mission du Montagnard Lejeune — et de violer le code forestier et la législation, favorable aux notables, sur le partage des biens communaux, ou sur les affouages.
Dès l’automne 1848, non sans résistance de la part des ruraux pauvres, le régime des communaux introduit par Faivre, individuel et social en même temps, s’effritait, mais ce ne fut qu’en 1850 qu’il disparut complètement. La réforme rurale démocratique, soutenue par les fouriéristes entre autres, avait alors définitivement échoué. Voir Ordinaire Édouard*

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article30748, notice FAIVRE, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

SOURCES : E. Préclin, « La révolution de 1848 en Franche-Comté », Études d’Histoire moderne et contemporaine, t. II, pp. 282 et sq.

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