FABRE, frères

Par Jean Risacher

Publicistes connus pour leur hostilité tant pour l’école romantique que pour la monarchie constitutionnelle, les frères Fabre créèrent, le 8 juin 1829, un journal, La Tribune des départements, qui apparut vite comme le seul organe républicain, bien que modéré, ce qui provoqua son abandon par ses premiers commanditaires, dont la famille Montgolfier-Canson, fabricants de papier ardéchois bien connus. Cette première version s’arrêta en octobre 1829.
L’aîné, Victorin Fabre* était malade. Né en 1785 à Jaujac (Ardèche), mort en 1831, il avait fait ses études à Lyon et à Paris dès 1803. Il avait donné un cours à l’Athénée de Paris en 1810-1811 et en 1823 sur Les principes de la société civile. Ses œuvres furent publiées en 4 volumes par Sabbatier en 1844-1845. C’est donc pratiquement son frère Auguste Fabre* qui assuma seul la direction du journal, après avoir trouvé des soutiens financiers plus conformes à son orientation. Celui-ci était né en 1792 à Jaujac (Ardèche), mourut en1839 et rejoignit rapidement son frère à Paris sous l’empire. Il était plutôt poète.
C’est en particulier sur l’insistance des créateurs de l’Association étudiante, dite de Janvier, Danton*, Morhéry*, qu’il chercha à relancer La Tribune. En décembre, Morhéry avait publié un « Projet d’association au journal La Tribune » pour le soutenir financièrement, les principaux commanditaires étant Lafayette et Destutt de Tracy. Dès janvier, Danton lui proposa la direction de l’Association, mais il la refusa au profit de Lafayette qui accepta et devint commandant supérieur, et Fabre étant commandant en second.
En mai 1830, les Fabre répondent positivement aux propositions de Morhéry, un premier n° étant sorti le 28 avril 1830. La Tribune tirait à 500/550 ex. contre les 18 500 du Constitutionnel et les 5 500 du Courrier français C’était la république modérée contre la monarchie constitutionnelle. A. Fabre était surtout le pourfendeur de l’école romantique avant comme après 1830. Il rejetait autant Cousin que Delacroix ou Hugo. Signataire de la protestation des journalistes du 26 juillet avec Ader, il fit dépaver, le 27, le faubourg Saint-Marceau, à l’instigation des membres de l’Association et, soutenant sans relâche la souveraineté populaire, il réclamait la présidence de Lafayette. Il publia en 1833 La Révolution de 1830 et le véritable parti républicain, destiné à « combattre pour les idées nouvelles des hommes ardents de son parti ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article30724, notice FABRE, frères par Jean Risacher , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 30 juin 2014.

Par Jean Risacher

SOURCES : La Tribune, 1830. — P. Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, Paris 1866-1878 sq. — J.-C. Caron, La Jeunesse des Écoles, Paris 1815-1848, thèse de doctorat, Paris I, 1989. — L.-A. Blanqui, œuvres I. Des origines à la Révolution de 1848, textes présentés par D. Le Nuz, Nancy, Presses Universitaires, 1993.

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