ESCOLLE Frédéric, dit Joli-Cœur-de-Salernes

Né le 2 octobre 1815 à Salernes (Var), mort le 2 juillet 1902 à Ivry-sur-Seine (Seine) ; compagnon tailleur de pierre ; poète et chansonnier.

Frédéric Escolle en 1890
Frédéric Escolle en 1890
Communiqué par Jean-Michel Mathonière

Fils d’un maçon, né dans une commune aux traditions libérales, voire révolutionnaires, maintes fois affirmées au cours du XIXe siècle, il devint, à dix-neuf ans, compagnon étranger tailleur de pierre, du Devoir de Liberté.

Le tirage au sort lui valut sept ans de service militaire qu’il effectua à 18e de Ligne à Marseille comme caporal puis comme sergent, à Dijon, puis à Paris. Libéré, il s’installa à Paris. et s’y maria en 1844.

Poète et chansonnier, très lié avec Agricol Perdiguier pour lequel il avait une vive admiration, il soutint ses efforts pour établir la concorde entre les diverses sociétés compagnonniques, avant comme après 1848. Perdiguier, avec qui il était resté clandestinement en contact, fut soutenu par Escolle à son retour d’exil.

En 1857, il fut honoré par la société des Compagnons étrangers et en 1865, il fut porté en triomphe à Lyon pour avoir chanté la Lyonnaise.

Capitaine dans la garde nationale pendant le Siège de Paris, il avait quitté la ville pour la province au moment de la Commune, mais il y revint, composant encore après la Commune de ces chansons qui lui avaient valu une notoriété certaine dès la fin de la monarchie de Juillet, mais ne lui apportèrent pas la richesse : il mourut en effet à l’hospice départemental de vieillards d’Ivry.

En 1879, il futdélégué de Paris au Congrès compagnonnique de Lyon, dont il assure la vice-présidence. Président des Compagnons Étrangers et des Compagnons Réunis de Paris pendant plusieurs années, il fut encore délégué et vice-président du Congrès de Bordeaux en 1884. En 1889, il fut délégué des Compagnons Étrangers au Congrès fondant l’Union Compagnonnique, congrès dont il assurera à nouveau la vice-présidence. Partisan de l’entrée de la société des Compagnons Étrangers dans la nouvelle association, il œuvra, non sans susciter des oppositions dans sa propre société, à ce projet qui n’aboutit vraiment qu’en 1897, par l’adhésion, en dernier, de la Chambre des Compagnons Étrangers de Paris.

Il n’avait pu se créer une position professionnelle le mettant à l’abri du besoin, (ses chansons qui lui avaient valu une notoriété certaine, mais ne lui apportèrent pas la richesse) n’ayant pas de quoi se suffire à eux-mêmes avec l’âge, son épouse et lui trouvèrent refuge à la fin de leur vie à l’hospice d’Ivry (Seine). Joli-Cœur de Salernes y décéda le 28 juillet 1902.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article30663, notice ESCOLLE Frédéric, dit Joli-Cœur-de-Salernes, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 24 août 2017.
Frédéric Escolle en 1890
Frédéric Escolle en 1890
Communiqué par Jean-Michel Mathonière

OEUVRE :
Ses œuvres nombreuses ont été réunies dans plusieurs recueils : Chansons de réception, Paris, 1852. — Discours et Chansons, Paris, 1866. (cf. La Petite République, 8 et 15 juillet 1902.)
Souvenir du 11 au 12 décembre 1849, hymne, Paris, imprimerie de Mme V. Stahl, 1850, in-4° , 1 p. Notice BnF.
Chansons de réception, Paris, 1852, imprimerie de Beaulé, 1852, in-8°, 4 p. (disponible sur Gallica et reproduit in-extenso ci-après). Notice BnF.
Marions nos couleurs, Paris, imprimerie de Beaulé, 1856, in-8° , 4 p. Notice BnF.
Les Autrichiens sur le Po, Paris, imprimerie de Beaulé, 1859, in-4° , 1 p. Notice BnF.
Discours et chansons du compagnon Escolle Jolicoeur, Paris, imprimerie de Beaulé, 1866, in-8° , 4 p. Notice BnF.
La Mère des compagnons étrangers, Paris, imprimerie de Jacquet, 1867, in-4° , 1 p., autographié. Notice BnF.
La Fraternelle, dédiée aux Sociétés mutuelles compagnonniques de France, Paris, imprimerie de Jacquet, 1867, in-4° , 1 p., autographié. Notice BnF.
Vive le bois d’Avron..., Paris, imprimerie de Vert frères, 1868, in-8° , 1 p. Notice BnF.
Chanson à chanter à mon enterrement, Paris, imprimerie de Vert frères, 1873, in-8° , 1 p.Notice BnF.
Mes souvenirs…, Paris, chez la Mère Veuve Taboureau, 1898, in-16°, 20 p., 2e édition (avec portrait). Mentionné par Roger Lecotté dans son Essai bibliographique sur les compagnonnages, d’après l’exemplaire de la bibliothèque d’Ernest Boyer (absent de la BNF).

SOURCES : Publications des chansons et poésies. — Notes de Jean-Michel Mathonière du Centre d’étude des compagnonnage.

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