EDANT Gabriel

Né à Lyon, le 4e jour complémentaire an XI (21 septembre 1804), décédé le 1er juin 1863, 14, rue de Trion, à Saint-Just (Lyon). Commerçant et fabricant en soieries.

En 1836-1837, il fut fouriériste et fit partie du groupe de l’Union harmonienne. Voir Derrion Michel* et Mure Jean, Benoît.* Mais rapidement, il évolua vers le communisme doctrinaire néo-babouviste et, avec Joseph Benoît*, il fonda successivement et secrètement la Société des Fleurs — voir Blanc Antoine* — celle des Familles, dont l’existence en tant que telle pose des problèmes (voir Barbès*, Joseph Benoît et Félix Blanc*) puis celle des Égaux. Voir Maurin*. Son cas pourrait, si besoin était, être présenté comme une preuve de l’incertitude des idées et des doctrines dans les années Quarante. En effet, en 1840, il figurait, encore ou à nouveau, au nombre des adhérents lyonnais de l’Union harmonienne. Par la suite, il se rallia de nouveau ou simultanément au communisme.
Au moment de la révolution de Février, il fit partie du Comité révolutionnaire qui s’installa à l’Hôtel de Ville de Lyon et remplaça l’ancienne municipalité. Il fit aussi partie du comité d’organisation du travail, véritable « Petit Luxembourg », installé, le 7 mars, par Étienne Arago, commissaire du Gouvernement provisoire. Voir Coignet François* Il appartint également au Comité des subsistances qui, durant plusieurs semaines, eut la lourde charge de nourrir les familles de plus de 7 000 travailleurs, c’est-à-dire environ 30 000 personnes.
Il échoua aux élections du 23 avril 1848 à l’Assemblée constituante, mais devint adjoint au maire de Lyon et conseiller général du Rhône. Vers la fin de l’année 1848, il se souvint qu’il avait été phalanstérien, et il se prépara à ramener les ouvriers qui lui faisaient confiance à des formules pratiques et précises d’association. C’est pourquoi il figura parmi les fondateurs de l’Association démocratique des Industries réunies — voir Travers* — qui avait pour but : l’achat et la confection, la vente et l’échange de tous objets quelconques, mobiliers ou immobiliers, travaux et industries en tous genres. Cet ancien fouriériste, devenu babouviste, en venait, peut-être en étant passé par l’Icarie, aux formules de l’association, volontaire et non autoritaire.
Le 5 décembre 1851, un mandat d’arrêt fut lancé contre lui — voir Léculier Pierre* On le « démissionna » de son poste de conseiller général le 26 février 1853, à la suite de son refus de prêter serment à l’empereur.
Peu de temps avant sa mort, il militait encore dans les rangs républicains.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article30613, notice EDANT Gabriel , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

SOURCES : Arch. Mun. Lyon, I 2/52, dossiers particuliers, pièces 120 et 121. — Joseph Benoît, Confessions d’un prolétaire, publiées par M. Moissonnier et J. Nicot, Paris Éditions Sociales, 1968, d’après les Mémoires d’un prolétaire, (Manuscrit Arch. Mun. Lyon, M 302). — J. Godart, Journal d’un bourgeois de Lyon en 1848, Paris, 1924. — J. Gaumont, Histoire générale de la Coopération en France, t. I.

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