DELTOMBE Louis, dit le Constituant manqué

Né le 11 juin 1821 à Anzin (Nord) ; mineur puis ouvrier mortaiseur aux ateliers de la Compagnie de chemin de fer du Nord à Paris ; opposant au coup d’État de décembre 1851 ; communard, déporté en Nouvelle-Calédonie.

Louis Deltombe était mineur à Anzin, en 1851, et ouvrier mortaiseur aux ateliers de la Compagnie de chemin de fer du Nord à Paris, en 1871. Il était alors veuf avec quatre enfants.
Louis Deltombe était actionnaire de la société coopérative de Valenciennes, l’Économique - voir L. Thirifocq.
Il fut candidat démocrate à l’Assemblée législative, le 13 mai 1849, sur la liste d’« Union républicaine ». Il obtint 74 133 voix et ne fut pas élu. Il lui en resta le surnom, d’ailleurs peu fondé, de « Constituant manqué ». En 1851, il était activement surveillé, car il participait à des réunions clandestines à Anzin et fournissait des renseignements à Émile Dupont pour ses articles contre la compagnie d’Anzin, notamment pour celui qui parut dans Le Messager du Nord du 20 octobre 1851 et qui s’intitulait « Ce qui se passe au fond des mines ».
Le 5 décembre 1851, il fit partie, à Anzin, d’un rassemblement devant la mairie, s’empara des clés de la salle d’armes de la garde nationale, puis distribua des armes aux manifestants. Il fut, de ce fait, condamné au bannissement par la Commission mixte de Valenciennes, mais rapidement gracié. Il habitait alors, 4, rue de Laghouat, à Anzin.
Il rentra en 1856 et recommença à militer. On le soupçonnait de transmettre aux mineurs d’Anzin « les instructions des réfugiés du département du Nord, des pamphlets et des journaux hostiles au gouvernement de l’Empereur ».
Il travailla ensuite aux mines de Bruay (Pas-de-Calais).

Venu à Paris, il appartint, pendant le siège de 1870-1871, à la 6e compagnie sédentaire du 166e bataillon de la Garde nationale, où il servit comme caporal. En octobre 1870, il fut nommé membre du Conseil de famille de sa compagnie. Quelques mois plus tard, en février 1871, il fut élu délégué de compagnie au Comité central de la garde nationale. Il participa à la sortie du 3 avril sur Versailles. Il paraissait exercer une grande influence sur les hommes de sa compagnie.
Arrêté, le 10 juin 1871, à son atelier, il fut condamné, le 18 mai 1872, à la déportation dans une enceinte fortifiée. Il arriva à Nouméa le 4 mai 1873. Sa peine fut commuée, le 8 mai 1879, en cinq ans de bannissement et définitivement remise le 5 juin 1879. Amnistié, il rentra par la Loire.
Il reçut, en 1882, une pension comme victime du coup d’État.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article3034, notice DELTOMBE Louis, dit le Constituant manqué, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 6 avril 2019.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/823. — Arch. Min. Guerre, 23e conseil, dossier 219. — Arch. PPo., listes d’amnistiés. — Arch. Dép. Nord, M 139/16, M 140/32, 33 et 34, M 141/77. — Le Messager du Nord, 21 mai 1849, 20 octobre 1851. — Note de Louis Bretonnière.

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