DESMOULINS Louis

Né le 4 novembre 1812 à Tours (Indre-et-Loire), décédé dans cette ville le 17 octobre 1868. Officier de santé. Communiste icarien.

Par un travail opiniâtre, Louis Desmoulins, dont le père était bourrelier, put faire ses études à Paris. Il exerçait à Tours dans le quartier populaire de la Riche, et était surnommé « le médecin des deshérités ». Correspondant de Cabet* à Tours, il animait, dans, les années quarante, avec Pierre Habert*, un groupe très actif de communistes icariens. C’était lui qui était chargé de diffuser les textes icariens. En 1844, il fut l’objet d’attaques de la part de Vieillefond*, Béasse* et 27 autres signataires, membre de la goguette des Fils du Diable, qui le dénonçaient au sujet de ses opinions religieuses. Auguste Blanqui* eut avec ce groupe des relations régulières, dont le secret fut percé par la police, et exerça sur eux une notable influence à la fin de la monarchie de Juillet. Dans sa brochure sur les procès de Tours et Blois (1847), Cabet prit sa défense et accusa Béasse des pires choses.
Après le coup d’État du 2 décembre 1851, il fut placé sous surveillance par la Commission mixte. Voir Baudry F.* Il fut même, après approbation, par le ministère de la Police générale, de la mise en surveillance prononcée à Tours (9 mars 1852), envoyé quelques mois en Algérie. Gracié, il continua d’être considéré par le peuple de Tours comme une espèce d’apôtre ou de saint.
En avril 1888, un comité se constitua pour lui faire construire un mausolée. Ce monument existe toujours.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article29937, notice DESMOULINS Louis, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

SOURCES : Arch. Dép. Indre-et-Loire, série M. — Étienne Cabet, Le voile soulevé sur le procès communiste à Tours et à Blois, au bureau du Populaire, mai 1847. — Alexandre Zévaès, « L’agitation communiste de 1840 à 1848 », dans La Révolution de 1848, t. XXIII (1926) et XXIV (1927). — Jeanine Labussière, « La décennie décisive (1840-1851) », Histoire de Tours, Toulouse, Privat, 1985.

ICONOGRAPHIE : À l’exposition « La médecine en Touraine à travers les siècles », en mai 1936, à l’Hôtel de Ville de Tours, figurait une photographie de Louis Desmoulins sur son lit de mort.

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