DELENTE François

Né en 1805 à Baulandais (Orne). Journaliste, puis bouquiniste à Paris. Militant républicain et révolutionnaire. Quarante-huitard, antibonapartiste.

Bouquiniste à Paris, quai de la Mégisserie, demeurant, 4, place du Châtelet, depuis 1849. François Delente fut mêlé depuis 1830 à toutes les affaires politiques. Il fut condamné en mai 1831 à huit jours de prison, il combattit en juin 1832 au cloître Saint-Merri, il fut poursuivi en juin 1833 pour complot, en août 1833 et en mars 1834 pour infraction à la loi du 10 décembre 1830, accusé d’avoir vendu des pamphlets républicains sans autorisation préalable, et comme crieur public du Bon Sens, procès qui lui valurent une certaine notoriété. Il fut acquitté. Membre de la Société des Droits de l’Homme, il fut élu membre de son comité central au début de 1834 en remplacement de Guillaume Desjardins*, démissionnaire. Demeurant 56, rue de l’Arbre-Sec (IVe arr., maintenant Ier), désigné, suivant les sources, comme « porteur de journaux » ou « employé au journal Le Bon Sens, il fut arrêté le 19 mai 1834 pour complot, incarcéré à Saint-Pélagie d’où il s’évada, sans qu’il soit sûr que ce soit le 12 juillet 1835.
Contumace, il fut d’abord condamné le 23 janvier 1836, à la déportation et, après son arrestation, à trois ans de prison et cinq ans de surveillance pour l’insurrection d’avril 1834, puis à dix-huit mois pour évasion. Il fut incarcéré à Clairvaux et fut amnistié en mai 1837. Début juillet 1836 il avait été condamné en appel à 6 mois de prison et 50 francs d’amende. Poursuivi, en octobre 1841 et en décembre 1843, pour vol, puis pour complicité de vol, il avait été renvoyé des fins de la plainte.
Le 1er-24 juin 1848, il fit paraître avec Émile Barrault* Le Tocsin des travailleurs. Le 8 juin, Émile Barrault et Delente appelaient à un banquet de la Fraternité qui fût « la grande communion de tous les travailleurs de Paris », c’est-à-dire au Banquet du Peuple ou des Travailleurs, à 0 f. 25, qui se préparait aux Ateliers nationaux.
Le 12 juin, Delente écrivait : « Qui n’est pas socialiste n’est pas républicain. » Le 13, Barrault et lui s’écriaient : « Gloire à Napoléon ! Honte aux singes du grand homme ! »
Et, le 24 juin, ils disaient : « Le crime, quand la guerre civile éclate, n’est pas dans la nation ; il est plus haut, il est dans le pouvoir. »
En décembre 1848, il fut condamné à un an de prison pour discours dans un club, portant atteinte à la Constitution.
Compromis le 3 décembre 1851, pour avoir crié sur le quai de la Mégisserie : « À bas le tyran ! À bas l’usurpateur ! », il fut arrêté et, quoiqu’il prétendît ne plus s’occuper de politique depuis six ans, depuis son mariage en 1844, il fut transporté (« Algérie moins »).
Il obtint la grâce entière le 2 juin 1852.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article29700, notice DELENTE François , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 5 septembre 2018.

SOURCES : Arch. Min. Guerre, B 1201. — Cour des pairs, Affaire du mois d’avril 1834. Rapport fait à la Cour des pairs par M. Girod (de l’Ain), Imprimerie royale, Paris, 1834-1836. — Tableau synoptique des accusés d’avril jugés par la cour des pairs établi par Marc Caussidière, Lyon, imprimerie de Boursy fils, 1837, Arch. Nat. BB 30/294, Bibl. Nat. in-4° Lb 51/24984. — Cour des pairs. Procès politiques, 1830-1835, Inventaire dressé par J. Charon-Bordas, Paris, Archives Nationales, 1983, CC 594 D 1 no 353. — Gabriel Perreux, Au temps des sociétés secrètes. La propagande républicaine au début de la monarchie de Juillet, Paris, Hachette, 1931. — Rémi Gossez, " La presse parisienne à destination des ouvriers (1848-1851) », in Jacques Godechot éd., La Presse ouvrière, 1819-1850, Paris, bibl. de la Révolution de 1848, 1966, p. 133. — Gazette des Tribunaux, 2 juillet 1836, p. 773. — Notes de Michel Cordillot, J. Grandjonc, J. Risacher, R. Shapira.

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