DELAIRE Adrien

Né en 1805 ; ouvrier ébéniste ; auteur de chansons sociales ; communard.

Connu avant 1848 uniquement par des chansons insérées dans le journal L’Atelier, il se signala, en 1848, comme membre du Club des Clubs, et en organisant la campagne électorale des démocrates socialistes. Après Juin, il fut arrêté pour son refus de marcher contre les insurgés avec son bataillon de la garde nationale, celui de Passy, qui se réclamait soit de Henri V, soit de la Régence orléaniste.
En attendant, au fort de Vanves, de passer en conseil de guerre — qui l’acquitta d’ailleurs —, il fut le principal chansonnier des 12.000 prévenus. Il chanta Le Rêve du prisonnier, La Réaction, Les Socialistes et Le Chant des martyrs de Juin, daté du 24 septembre 1848.
Vous avez dit : « Par notre polémique,
De ce bon peuple escamotons les droits.
Ce sont vains mots : Royaume ou République,
Toujours du sol nous devons être rois,
Pour mieux fausser l’universel suffrage
Parlons toujours un langage emprunté. »
Et ce bon peuple a cru ce langage !...
Mais comme il faut construire l’arche sainte
Qui doit un jour abriter les humains,
Ces preux ont dit : « Marchons, plus de contrainte ;
Ce monument sortira de nos mains.
Le socialisme est l’unique lumière
Qui doit un jour sauver l’humanité.
Inscrivons-le sur la sainte bannière. »
Gloire aux martyrs de la fraternité !

En 1871, ardent partisan de la Commune de Paris, il écrit une "Lettre d’un ami du peuple aux honnêtes gens " (parue dans Le Cri du Peuple, 14 avril 1871) où il s’adressait particulièrement aux "petits propriétaires", "petits fabricants et petits commerçants" pour dénoncer "l’homme qui a fait Transnonain" et les appeler à faire triompher Paris.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article29649, notice DELAIRE Adrien, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 31 mars 2019.

ŒUVRE : Adrien Delaire, Les Chants des casemates, Paris, 1848.

SOURCES : La chanson française. Le Pamphlet du pauvre (1834-1851). Introduction et notes par Pierre Brochon, Éditions sociales, Paris, 1957. — Notes de Jean-Louis Robert.

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