CANARD Claude, Thomas

Né à Givors le 12 mai 1806, maître menuisier dans cette ville. Il semble avoir participé aux activités des Carbonari lyonnais et avoir eu des contacts avec l’association lyonnaise des Voraces. Voir Aumont Louis*, Belle Jean-Pierre* et Barret*.

Canard fut nommé conseiller municipal par ses concitoyens, en mars 1848. Républicain démocrate inclinant au socialisme, il dit, le 9 avril, lors de la plantation de l’arbre de la Liberté à Givors : « Et vous, les détenteurs de la fortune publique, ne l’enfouissez pas ! Vous la rendriez stérile et vous seriez de grands coupables, car sachez bien que vous n’en êtes que les gérants ! Venez donc à nous avec confiance. En nous donnant la main, point de fardeaux trop lourds ! Bonheur pour tous. Plus de morts d’indigestion, plus de morts de faim ! » (Extrait des « Souvenirs d’un prolétaire sur les événements politiques survenus à Givors du 26 février 1848 au 2 décembre 1851 », cité, d’après le cahier inédit, par René Lacour, La Révolution de 1848 dans le Beaujolais et la Campagne lyonnaise, s. l.n.d., p. 96).
En mai, Givors fut un centre actif du mouvement ouvrier rhodanien. Le 16, un cortège de chômeurs, drapeau noir en tête, parcourut les rues de la ville au cri : « Du travail ou du pain ! » Les chômeurs contraignirent des ouvriers occupés à sortir de leurs ateliers et à se joindre à eux. Il y eut échange d’horions. Des ouvriers de Givors, avec drapeau rouge et drapeau noir, précédés de tambours allèrent à Grigny et à Millery et obligèrent des patrons qui avaient fermé leurs ateliers à les rouvrir.
Canard et les trois hommes du peuple qui avaient été élus en mars ne le furent pas au renouvellement du conseil municipal qui eut lieu dans l’été 1848. Canard et ses amis étaient rendus responsables des incidents de mai, alors que vraisemblablement ils n’y furent pour rien. Le parti de l’ordre n’hésita pas à user de la fraude électorale pour les éliminer plus sûrement. Il ne fut pas tenu compte des protestations de Canard.
Lorsqu’il écrivit ses Souvenirs, Canard constatait mélancoliquement que l’euphorie de la plantation de l’arbre de la Liberté n’avait pas duré : « La joie la plus vive ! La gaieté la plus franche ! L’égalité la plus cordiale avaient présidé à cette fête qui laissera de longs et agréables souvenirs dans le pays. Que n’a-t-on continué de s’entraider, de s’entendre et de se soutenir ! Mais l’on n’a pas voulu comprendre la Solidarité et l’on a exilé la Fraternité ! » (op. cit., p. 97).
Au moment du coup d’État, Canard se cacha et, en octobre 1853, la police ignorait encore où il se trouvait.
En 1873, il fut réélu conseiller municipal de Givors. Voir Flachon*, Léculier Pierre*

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article28022, notice CANARD Claude, Thomas, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 19 octobre 2016.

SOURCES : Arch. Dép. Rhône, M, Victimes du Deux Décembre. — Arch. Mun. Lyon, I2/51, Dossiers particuliers, pièce 266.

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