DARDENNE Marcel, Pierre

Par Didier Bigorgne

Né le 9 mai 1901 à Mohon (Ardennes), mort le 3 septembre 1977 à Charleville-Mézières (Ardennes) ; mécanicien aux ateliers de Mohon, puis secrétaire ; président (1927-1929), puis secrétaire général (1929-1949) de l’Union départementale CFTC des Ardennes.

Marcel Dardenne était le fils de Jean-Baptiste Gustave Dardenne, employé des chemins de fer, et de Josephine Archen, sans profession. Après avoir fréquenté l’école communale qu’il quitta avec le certificat d’études primaires, il entra en apprentissage aux ateliers de Mohon (Ardennes) de la Compagnie de l’Est et y devint mécanicien. En raison de son engagement syndical, il exerçait la profession de secrétaire quand il épousa la sœur d’un prêtre, Raymonde, Marie, Louise Gouleux, dactylographe, le 12 janvier 1937 à Mohon ; le couple n’eut pas d’enfant.
Après la Première Guerre mondiale, Marcel Dardenne adhéra à l’Association catholique de la jeunesse française (ACJF). Il assista au premier congrès départemental qui se tint à Charleville (Ardennes) en 1922. Alors membre des Jeunesses syndicalistes chrétiennes, il fondit en 1925, avec le soutien de la direction régionale de l’Union catholique du personnel cheminot (UCPCF)et des dirigeants ardennais de l’ACJF, le premier syndicat chrétien des Ardennes, celui des cheminots de Mohon-Charleville-Lumes qui prit le nom de Syndicat professionnel des cheminots. Fort de sa centaine d’adhérents qui bénéficiaient de multiples avantages sous forme de différentes caisses (assurances-accidents, solidarité, prêts d’honneur, mutuelle familiale, secours au décès, aide au soldat et actionnariat familial), il le plaça rapidement au premier rang des départements du réseau Est.
Le 26 septembre 1926, Marcel Dardenne participa à une journée spéciale de l’ACJF au Waridon à Charleville qui se clôtura sur une décision importante, celle de créer des syndicats libres dans la métallurgie, le textile et chez les employés. En janvier 1927, il fondait officiellement l’Union départementale CFTC des Ardennes et en devenait le président. Il abandonna son métier de cheminot en 1929 pour occuper la fonction de secrétaire général permanent de l’UD-CFTC ; Jules Périn accéda alors à la présidence de l’UD.
Marcel Dardenne participa à deux journées régionales des cheminots en 1934, à Longwy (Meurthe-et-Moselle) et à Charleville. En juillet 1935, il accueillit à Sedan (Ardennes) la fête régionale de l’Union catholique des cheminots placée sous la présidence du cardinal Suhard, archevêque de Reims : une vingtaine de sections étaient représentées, deux cents personnes environ assistèrent à la messe. A cette date, l’UD-CFTC des Ardennes revendiquait plus de huit cents adhérents répartis dans huit syndicats libres (travailleurs sur métaux, industrie textile, employés des Ardennes, employées ardennaises, ourvrières ardennaises du vêtement, ouvriers ardoisiers de Fumay, cheminots et fonctionnaires), et une soixantaine de sections locales. Elle comptait quatre secrétaires permanents : Marcel Dardenne pour l’Union départementale, Jules Biver pour le syndicat des travailleurs sur métaux, Jeanne Leclaire pour celui de l’industrie textile et Émilie Guillaume pour les employées ardennaises.
Pendant les mois qui précédèrent la réunification CGT-CGTU, Marcel Dardenne nota dans un carnet ses impressions sur la future unité syndicale. Il la considérait « comme une chimère, une vaste utopie étant donné la division des esprits ». Il pensait que la CGT voulait l’unité, « non pas pour assurer une meilleure défense des revendications ouvrières, mais pour imposer sa dictature sur tous les travailleurs de France ». Enfin, il imaginait que « les socialistes et les communistes poussaient à sa réalisation parce qu’ils y voyaient un moyen pratique de prolonger leurs idées et de les imposer progressivement ».
En 1938, Marcel Dardenne cumulait les responsabilités syndicales. Il était membre de la Commission départementale du travail et de la Commission départementale du coût de la vie, secrétaire du conseil d’administration de la Caisse départemenale des assurances sociales. Lors de la création de la commission départementale paritaire de conciliation des conflits du travail composée d’un nombre égal d’employeurs et d’ouvriers qui fut installée le 18 juillet 1936, le préfet des Ardennes avait ignoré l’UD-CFTC. Il l’avait de nouveau exclue lors de son renouvellement le 13 juin 1938. Dardenne entreprit alors de multiples démarches, notamment auprès du sénateur des Ardennes Edmond Hannotin qui interpella le ministre du Travail. Le 25 juillet 1939, l’UD-CFTC était admise à ladite commission sur décision du ministre datée du 5 mai : Dardenne y représenta son organisation.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Marcel Dardenne adhéra à la Charte du Travail mise en place par le gouvernement de Vichy. À partir de mars 1942, il siégea, en tant que représentant des cadres, à la section des Ardennes de l’Office des comités sociaux. Il en devint le secrétaire-trésorier ; le président était le patron Pierre Faure, le vice-président le cégétiste Camille Génon. Dans le même temps, Dardenne s’installa au siège de l’UD-CFTC à Charleville et s’attacha à regrouper les militants dispersés. À la fin de l’année 1944, il avait réorganisé l’Union départementale.
Le 24 avril 1947, Marcel Dardenne fut élu administrateur CFTC de la Caisse primaire de sécurité sociale des Ardennes ; il en devint le vice-président. Il siégea également à la Caisse régionale de sécurité sociale. Il fut membre de ces deux organismes jusqu’en 1962. Il quitta sa fonction de secrétaire général de l’UD-CFTC en 1949 ; Jules Biver prit le relais. Dardenne fondit alors L’Ardenne hebdomadaire qui devint l’organe officiel de l’Union départementale ; il en assuma la direction jusqu’à son départ à la retraite.
Marcel Dardenne souffrait de l’asthme. La maladie qui s’aggrava dans les années 1950 l’handicapait, mais ne freinait pas son ardeur militante. En novembre 1964, il fit partie des quelque trois mille adhérents ardennais de la CFTC qui construisirent l’UD-CFDT des Ardennes.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article2785, notice DARDENNE Marcel, Pierre par Didier Bigorgne, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 6 mai 2012.

Par Didier Bigorgne

SOURCES : Arch. Dép. Ardennes 1 M 14 et 15. — Arch. de l’UD-CFDT des Ardennes. — Notes de Marcel Dardenne. — Renseignements et documents fournis par Robert Biver. — État civil de Charleville-Mézières.

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