BRUNELLE Jean

Fondeur en caractère ; membre de sociétés corporatives regroupant les ouvriers de cette profession ; milita en faveur d’une reconstitution des corporations pour contrer la « féodalité industrielle ».

Fondeur en caractères depuis 1830, Brunelle était associé au mouvement d’organisation professionnelle, qui se développa chez les fondeurs en caractères à partir de 1834 et qui, interrompu par la répression, reprit en 1837, aboutissant à la constitution définitive, vers 1846, de la Société corporative des Fondeurs en caractères, dont il fut membre et dont l’objet essentiel était l’application du tarif obtenu des patrons dans cette industrie, qui se signalait par une tendance marquée à la concentration.
En mai 1848, il fut un des 346 ouvriers fondeurs qui présentèrent au gouvernement les statuts d’une société en commandite, fondée définitivement le 1er juillet. Voir Salomon Hippolyte*
Il appartint ensuite à l’Association fraternelle et solidaire des Ouvriers fondeurs typographes, société en nom collectif et en commandite, dont les statuts sont datés d’avril 1850 et qui couvrait une caisse d’assistance. En même temps (janvier 1850), il s’associait aux efforts de la Société typographique pour regrouper les organisations du Livre dans une Association générale de la Typographie.
En 1851, il fut le délégué de sa corporation au Conseil social de la société en commandite qui réunit autour du Comité typographique les délégués des autres corporations sous le nom de Société de la Presse et du Travail (ou de la Presse du Travail). Formée le 20 avril 1851, la Société de la Presse du Travail avait en particulier pour objet la création d’un journal : L’Association, Moniteur du Travail et des Corporations industrielles, scientifiques et artistiques. La police profita du coup d’État du 2 décembre 1851 pour la détruire.
Brunelle, qui avait été poursuivi en 1837 pour association illicite avec Marc Dufraisse*, Vilcoq* et d’autres, et avait été condamné le 20 avril, qui avait subi une seconde condamnation pour rébellion, en 1845, ne dut d’échapper aux poursuites en 1851 qu’à une erreur sur le numéro de son domicile, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève (XIIe arr., maintenant Ve).
Collaborateur de l’Almanach des Corporations nouvelles publié par la Presse du Travail (vieille enseigne repeinte aux couleurs napoléonistes) il fut en 1861 l’un des auteurs, avec Victor Bosson* entre autres, du programme publié, le 11 août, par 80 ouvriers, sous les auspices du prince Napoléon et dédié à l’empereur, dans une brochure intitulée L’Organisation des Travailleurs par les Corporations nouvelles. Il signa une des études qu’elle réunissait : « La Question corporative », demandant « des chambres corporatives pour faire nos règlements, des syndicats corporatifs pour veiller à leur exécution et des prud’homies corporatives pour nous juger entre nous. » Il voyait dans l’organisation de corporations fondée sur le suffrage de ceux qui en feraient partie une condition véritable de liberté et il appelait le pouvoir central à aider les ouvriers au relèvement de leurs corporations afin de les délivrer de la féodalité industrielle.
Voir Langrand Jean, François, Victor*, Desmoulins Auguste*.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article27766, notice BRUNELLE Jean , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

SOURCE : Arch. Min. Guerre, B 1547.

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