BOUTON Victor, Nicolas

Né le 6 décembre 1819 à Épinal (Vosges), mort le 12 août 1901 à Paris IXe arr. ; journaliste, archiviste paléographe et poète.

Bouton n’a laissé de traces dans les Vosges que par ses travaux d’érudition, notamment L’Ancienne Chevalerie de Lorraine (1861), qui est un immense traité de blason, et par sa réputation méritée de grand héraldiste. Élève du collège d’Épinal, il alla étudier à Paris la librairie. Pendant trois ans, il collabora à l’Almanach de la France démocratique et, selon son témoignage « fit pendant un an, avec Flotte* et le Père Simon, La Table de Paris, pour fonder une solidarité entre les cuisiniers et poser les bases de leur association, la première qui fut établie, en les affranchissant de l’exploitation des bureaux de placement ».
En 1848, il publia ses Profils révolutionnaires, qui sont d’inspiration rétrograde, mais où il croque avec sincérité et indulgence Mathieu d’Épinal* et les babouvistes qu’il avait fréquentés. Il avait en effet, été impliqué, avec Mathieu et d’autres Vosgiens, dans l’affaire de la rue Montpensier. On avait découvert, au 33 de la rue des Lombards, où il partageait une chambre avec Mathieu et J.-J. May*, tout l’attirail d’une machine infernale, ainsi que des numéros du Journal du Peuple, des chansons républicaines, etc. Bouton avait manifestement fait partie de la Charbonnerie démocratique.
Mais ce même Bouton, avec une franchise désarmante, nous dit comme César, à la troisième personne, qu’à sa sortie de prison « M. Delangle l’appela au ministère de l’Intérieur et lui confia des missions secrètes. Quand, plus tard (mars 1871), Victor Bouton se présenta aux élections municipales dans le IIe arrondissement, il nous dévoila dans son affiche que l’une de ses missions a eu pour résultat la première amnistie et de rouvrir, malgré la préfecture de police, la patrie aux exilés ».
Avec Bouton, on ne sait pas trop où finit le révolutionnaire et où commence le policier.

Il eut de sa compagne Hélène Kahn, deux enfants, Marie (Paris, 1859 - ?) et Noël Victor (Paris, 1860-Chagny, 1954) peintre décorateur dit Noël-Bouton. Ce dernier épousa Francesca Gallone (Naples, 1869 - Paris, 1937) fille d’Etienne Jules Marey (Beaune,1830- Paris, 1904)

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article27443, notice BOUTON Victor, Nicolas, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 mars 2018.

ŒUVRE : Auteur prolifique (il publia également sous les pseudonymes de René Didier et de Baude, peintre), V. Bouton a laissé plusieurs ouvrages présentant un réel intérêt pour l’étude des événements de 1848. On retiendra les titres suivants : Attentat de la police républicaine contre la souveraineté du peuple, Paris, V. Bouton, mai 1848, in-8°, 16 p. — Profils révolutionnaires par un crayon rouge, Paris, Victor Bouton, 1848-1849. — Chute de l’atelier révolutionnaire des tailleurs de Clichy, Paris, impr. de Beaulé et Maignand, 1849, in-fol., 2 p. — La Patrie en danger au 25 février 1848, conspiration du drapeau rouge, Paris, Dentu, 1850, in-18, 70 p. — Curiosités révolutionnaires. Les affiches rouges, reproduction exacte et histoire critique de toutes les affiches ultra-républicaines placardées sur les murs de Paris depuis le 24 février 1848, Paris, D. Giraud et J. Dagneau, 1851, in-12, 320 p.

SOURCES : Dictionnaire biographique des Vosges, 1897. &#8212. — Émile Saint-Lanne, Dictionnaire illustré des contemporains, fascicule n°8, Paris, E.Dentu, 1887. — Note de Michel Cordillot. — Notes de Véronique Rollet.

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