BLANQUI Adolphe [BLANQUI Jérôme, Adolphe], dit aussi BLANQUI aîné

Né le 21 novembre 1798 à Nice (Alpes-Maritimes), mort le 28 janvier 1854 à Paris ; économiste libéral et publiciste.

Fils aîné du conventionnel Jean-Dominique Blanqui (1757-1832), l’un des artisans du premier rattachement du comté de Nice à la France à la fin de 1792, qui fut élu du nouveau département des Alpes-Maritimes à la Convention, où il fut admis à siéger le 23 mai 1793 et s’apparenta aux Girondins. Frère aîné d’Auguste Blanqui (Voir sa notice).
Adolphe Blanqui connut des débuts difficiles dans la vie. Il fut surveillant de pensionnat, puis professeur de mathématiques. Il entreprit des études approfondies d’économie politique après s’être enthousiasmé pour les cours de Jean-Baptiste Say à l’Athénée royale et au Collège de France.
Titulaire en 1825 de la chaire d’histoire et d’économie industrielle à l’École de commerce de Paris, Adolphe Blanqui devint en 1830 directeur de cet établissement privé. Libéral, mais étranger aux préoccupations de son cadet, il collabora néanmoins régulièrement au journal saint-simonien Le Producteur en 1825 et 1826, jusqu’au départ de Cerclet. Il fut à partir de 1830 un orléaniste de bonne volonté, dont la carrière universitaire et officielle accumula les réussites. A la mort de J.-B. Say, il lui succéda en effet, dans toutes ses fonctions, y compris à l’Académie des Sciences morales et politiques.
Député de la Gironde en 1846, ministériel mais indépendant, frère d’un redoutable prisonnier d’État qu’il ne reniait pas, Adolphe Blanqui exerça une influence notable en matière économique et sociale sur les dernières années de la monarchie de Juillet.
Partisan du libre échange progressivement réalisé, et ennemi des taudis, il fut en avance sur le ministère Guizot, qui n’accepta le libre échange qu’avec réticence et ne fit rien pour lutter contre les taudis des grandes villes et des campagnes.
Ses deux œuvres qui intéressent le mouvement ouvrier sont : Histoire de l’Économie politique depuis les Anciens jusqu’à nos jours en Europe, manuel très clair de propagation de l’économie classique franco-anglaise, qu’ont lu nombre de militants, et en premier le frère de l’auteur, Auguste Blanqui, et son enquête pour l’Académie des Sciences, morales et politiques, Des Classes ouvrières en France en 1848, publiée en 1849, dont les révélations sur la misère du prolétariat complètent et rajeunissent celles d’Eugène Buret* (1840) et de Louis-René Villermé* (1840).
L’Histoire de l’Économie politique... atteignait sa quatrième édition en 1860.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article26767, notice BLANQUI Adolphe [BLANQUI Jérôme, Adolphe], dit aussi BLANQUI aîné , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 1er octobre 2018.

ŒUVRE : Cours d’Économie industrielle, publiés en 1836 par son collaborateur et beau-frère Joseph Garnier. — Histoire de l’Économie politique depuis les Anciens jusqu’à nos jours en Europe, Paris, 1837-1838, 2 vol. in-8°, — Des Classes ouvrières en France pendant l’année 1848, Paris, Pagnerre, 1849, 2 vol. in-12,

SOURCES : Notice de Achille Mercier dans la Grande Encyclopédie. — Hilde Rigaudias-Weiss, Les Enquêtes ouvrières en France entre 1830 et 1848, Paris, 1936. — Gustave Geffroy, L’Enfermé, Paris, 1897, et rééditions complétées (pour l’étude préliminaire sur la famille Blanqui). — Louis Auguste Blanqui, œuvres I. Des origines à la révolution de 1848, Textes rassemblés et présentés par Dominique Le Nuz, préface de Philippe Vigier, Nancy, Presses Universitaires de Nancy, 1993, — Voir aussi la bibliographie sur Auguste Blanqui.

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