BILLON Claude, Marie

Par Jean Risacher

Né vers 1814 à Châteauneuf (Saône-et-Loire) ; teinturier ; membre d’organisations républicaines ; acteur de l’insurrection d’avril 1834.

Teinturier à Paris, où il demeurait, rue de la Calandre (IXe arr., à l’emplacement de la Préfecture de Police, IVe), Claude Billon était quinturion de la section « barricade de Saint-Merri » de la Société des droits de l’Homme. Lors des journées insurrectionnelles d’avril 1834, il a été trouvé blessé et porteur d’armes et munitions le 14 avril dans une maison de la rue Beaubourg. Inculpé d’attentat contre la sûreté de l’État, il entra à la prison de La Force le 22 avril. Il subit plusieurs transferts entre La Force et Sainte-Pélagie, ainsi qu’au Luxembourg, du 4 au 9 mai 1835 pour l’ouverture du procès, et le 22 janvier 1836. La Cour des Pairs lui refusa la défense de Benjamin Vignerte* qu’il souhaitait, mais accepta celle de l’avocat Chamaillard. Quant à la peine requise, à part l’Inventaire des Dossiers de la Cour des Pairs qui indique 15 ans de détention, les autres sources concordent. Il fut condamné par la Cour des Pairs à 1 an de détention et 5 ans de surveillance, le 22 janvier 1836. Son père, Philibert, domicilié à Lyon, semble avoir été inquiété par une perquisition, mais sans suite. On y a trouvé cependant des lettres de Claude Billon donnant des indications très précises sur les causes des révoltes ouvrières : « L’on attend une grande révolution parce que le projet de la loi a été accepté à la Chambre des députés contre les associations, qui concerne les sociétés de bienfaisance, les compagnonnages et la Société républicaine, et enfin pour tout dire, attaque le peuple ». Il rapportait aussi la visite du député Charles de Ludre*, également membre de la SDH, à plusieurs sections et promettant que « les ouvriers qui maintenant travaillaient 16 heures ne travailleraient plus que 10 heures et seraient plus payés ».
Libéré le 21 janvier 1837, mais toujours tenu par la surveillance, Claude Billon fut inculpé lors des journées insurrectionnelles de mai 1839. Il fit l’objet d’un non-lieu. « Sans asile » mais marié, il fut de nouveau écroué à La Force pour abus de confiance, le 20 mars 1840, écrou rayé le 22 avril et transféré le lendemain à la préfecture. Demeurant 14 rue de la vieille Draperie (IXe arr., aujourd’hui rue de Lutèce, IVe), il fut écroué de nouveau à Sainte-Pélagie le 6 mai 1840 pour rupture de ban, consigné comme condamné libéré (10 mai), jugé le 26 mai, condamné à 15 jours de prison, écrou rayé le 10 juin et transféré à la préfecture le 11

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article26621, notice BILLON Claude, Marie par Jean Risacher, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 10 juin 2016.

Par Jean Risacher

SOURCES : Arch. Dép. Paris (Seine), série DY, écrous DY4/21-5002 ; DY8/8-1272 ; DY4/50-7614 ; DY8/20-1847. — Tableau synoptique des accusés d’avril jugés par la cour des pairs établi par Marc Caussidière, Lyon imprimerie de Boursy fils, 1837, Arch. Nat. BB 30/294, Bibl. Nat. in-4° Lb 51/24984 — Louis Blanc, Histoire de Dix ans, Paris, Germer-Baillière et Cie, 12e éd., 1877, vol. 4, p. 420. — Cour des Pairs. Procès politiques, 1830-1835, Inventaire dressé par J. Charon-Bordas, Paris, Archives Nationales, 1983, CC 585 d 1 ; 591 d 1 n° 103 ; 601 d 1 n° 103. — Cour des Pairs. Procès politiques, 1835-1848, Inventaire dressé par J. Charon-Bordas, Paris, Archives Nationales, 1984, CC 746 n° 399. — Alain Faure, Conflits politiques et sociaux au début de la monarchie de Juillet, 1830-1834, Mémoire de Maîtrise, Paris X, 1974, p. 157, 174, 199

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