BÉE Émile

Par M. Cordillot

.Membre de la société secrète les Saisons puis sympathisant du cabetisme ; exilé aux États-Unis après juin 1848 ; Revenu ultérieurement en France il fut communard. De nouveau exilé, il devint à San Francisco l’un des dirigeants de la section locale du Socialist Labour Party ; il rejoignit en 1881 la colonie d’Icaria qui venait de se fonder en Californie.

Venu à Paris à l’Îge de 16 ans, pour y exercer la profession de tailleur, Émile Bée adhéra à la société secrète dite « des Saisons » de Blanqui* et Barbès*. Après l’échec de l’insurrection du 12 mai 1839, il abandonna toute activité clandestine et s’abonna au Populaire. Converti au cabétisme, il souscrivit au fonds de soutien à Icarie et demanda à faire partie de la première avant-garde. Mais il n’avait ni l’argent de l’apport, ni le trousseau exigé, et sa candidature fut en conséquence écartée.
Après juin 1848, il reprit du service dans les sociétés secrètes républicaines et conspira contre le prince-président. Au lendemain du deux décembre, il fut arrêté et banni de France. Il s’embarqua pour l’Amérique, mena durant plusieurs années une vie d’aventure, et fut même chercheur d’or en Californie.
En 1862 il revint en France. On sait qu’il participa en 1870 à la défense de Paris assiégée par les Prussiens, puis combattit dans les rangs de la Commune.
De nouveau expulsé (sans doute la nationalité américaine le protégea-t-elle d’un sort moins enviable), il repartit pour la Californie et s’installa à San Francisco. En 1873, on retrouve son nom sur la liste des membres et des sympathisants de la section 19 de l’AIT ayant versé à la souscription en faveur des veuves et des orphelins des combattants de la Commune (Le Socialiste, 9 mars 1873). Il assistait également en mars 1874 à la cérémonie de commémoration du 18 mars organisée par les Internationaux de San Francisco. Il versa à cette occasion son obole à la souscription au profit de Jules Leroux*, suite à l’incendie qui avait détruit tous les biens de ce dernier (Étoile du Kansas, 1er mai 1874)
Quelques années plus tard, il figurait parmi les dirigeants de la section locale du Socialist Labor Party.
En 1881, renouant avec ses premiers idéaux, il s’abonna au journal de Jules Leroux et rejoignit avec sa femme Caroline la colonie d’Icaria Speranza qui venait de se fonder en Californie, à l’initiative d’Armand Dehay* et de Jules Leroux. En 1883, sa femme et lui figuraient parmi les signataires de la charte de la colonie.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article26119, notice BÉE Émile par M. Cordillot, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

Par M. Cordillot

SOURCES : La Jeune Icarie, 26 juin, 15 août 1879, 31 décembre 1880 — J. Prudhommeaux, Icarie et son fondateur Étienne Cabet, Paris, Cornély, 1907. — Robert V. Hine, California’s Utopian Colonies, 1850-1950, San Marino, Huntington Library, 1953 — M. Dommanget, Auguste Blanqui. Des origines à la révolution de 1848. Premiers combats et premières prisons, Paris-Amsterdam, Mouton, 1969..

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