COUDUN Léon, Eugène

Par Jean-Luc Pinol

Né le 26 septembre 1879 à Beauvais (Oise) ; facteur, révoqué ; militant socialiste ; secrétaire adjoint de la Fédération nationale des chemins de fer.

Employé à la Compagnie de l’Est, Léon Coudun fut révoqué à la suite de la grève de 1910. Il assista comme délégué, avec Marcel Bidegaray du syndicat national des Chemins de fer, au XVIIIe congrès national corporatif - 12e de la CGT - et à la 5e conférence des Bourses du Travail tenus au Havre du 16 au 23 septembre 1912. En 1916, il faisait partie du 2e escadron d’artillerie à Amiens (Arch. Nat. F7/13053). Sociétaire de la coopérative parisienne « L’Égalitaire », il y fut employé après sa révocation et il en devint administrateur en 1918. En 1917, il fut réintégré dans son emploi à la Compagnie de l’Est. Il était facteur à la gare de Paris-Pajol. Militant syndicaliste actif, il fut élu en mai 1919 secrétaire adjoint de la Fédération nationale des Travailleurs des Chemins de fer dont Marcel Bidegaray était le secrétaire général. Il fut l’un des signataires de l’ordre de grève du 28 février 1920. Il ne fut pas réélu lors du congrès d’avril 1920 : la tendance réformiste fut battue. Mais après l’échec de la grève de mai 1920, il fut élu secrétaire général de l’Union Est et réélu en avril 1921. Hostile à la tendance révolutionnaire, Coudun fut de ceux qui réorganisèrent la Fédération nationale après la scission syndicale. Il fut secrétaire général de l’Union Est en 1925. Cette Union regroupait alors 5 700 adhérents et son bureau, outre Coudun, comptait Gustave Misile, Deschamps, Boulot et Paulin Cornet. En 1926, il fut remplacé par Charles Durup. À cette date, Coudun devint secrétaire adjoint de la Fédération nationale dont Jean Jarrigion était le secrétaire général. Coudun s’occupa de la Tribune des Cheminots et il en fut le gérant jusqu’en 1934, date à laquelle il fut remplacé par Lucien Cancouët. Coudun resta secrétaire adjoint jusqu’à la réalisation de l’unité syndicale. Celle-ci l’inquiétait. Lors du congrès de 1934, lorsqu’il présenta le rapport sur l’unité, il déclara « je veux vous montrer la duplicité de ceux qui vous tendent d’un côté la main fraternelle et qui, de l’autre main, tiennent le poignard caché ».

Après la réalisation de l’unité, il fut membre du bureau exécutif fédéral. Il représenta les retraités. Il occupait alors un emploi à la Caisse de retraites ouvrières « Le Travail ».

Parallèlement à son activité syndicale, Coudun fut militant coopérateur et militant socialiste. Membre de la section du Xe arrondissement du Parti socialiste (SFIO), il fut candidat malheureux aux élections législatives de mai 1924 dans le 1er secteur de la Seine. Il assista à la plupart des congrès et assemblées coopératifs de la région parisienne ainsi qu’à plusieurs congrès nationaux, et ce jusqu’en 1944. Il fut membre du bureau exécutif de la Fédération légale pendant toute la période de la guerre. Des raisons politiques et des rivalités personnelles l’amenèrent alors à se démettre de ses mandats. Il se retira à Périgueux (Dordogne).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article2579, notice COUDUN Léon, Eugène par Jean-Luc Pinol, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 7 août 2009.

Par Jean-Luc Pinol

SOURCES : Arch. Nat. F7/13053, 13660, 13663, 13667, 13669, 13670, 13672 et 13673. — Arch. PPo. 308, Ba 1686. — Arch. Fédération CGT des cheminots. — Arch. J. Gaumont-G. Prache. — Comptes rendus des congrès de la Fédération des Cheminots 1930, 1932, 1934 et 1938. —La CGT, op. cit. — Annie Kriegel, Aux origines du communisme français, 1914-1920, Paris, Mouton, 1964. — Notes de Georges Ribeill.

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