BARILLOT François

Par Philippe Darriulat

Né en 1819 à Lyon, mort le 11 décembre 1874 à Paris. Imprimeur, lithographe et chansonnier.

François Barillot
François Barillot
Communiqué par Philippe Darriulat

Né à Lyon d’une famille modeste il ne reçoit aucune instruction et entre à l’âge de 7 ans dans une imprimerie où il gagne 10 sous par jour pour 12 heures de travail. C’est dans les ateliers qu’il apprend à lire et écrire et entre en contact avec les gens de lettres pour qui il travaille. Au début des années 1840 il publie dans sa ville natale ses premières compositions : une ode en l’honneur de la Translation des cendres de l’empereur Napoléon (1840) et un Épître à Louis-Philippe sur la captivité de Lamennais (1841). C’est sans doute en 1842 qu’il arrive à Paris avec une double réputation de chansonnier reconnu et d’opposant au régime de la monarchie de Juillet. Il entre dès cette date à la Lice chansonnière et fréquente assidument les goguettes où il rencontre un succès certain, notamment aux soirées de la Grande goguette. Ses chansons reprennent souvent les thèmes de la gauche démocratique (A M. Félix Pyat. Une Vision céleste, 1845) et il se spécialise dans des couplets dramatiques dénonçant la misère de l’ouvrier (La Tombe du jeune enfant, 1844, Jeanne Misère, 1847). Comme tous les poètes ouvriers il cherche la reconnaissance des écrivains les plus célèbres et, en 1844, envoie certains de ces vers à Victor Hugo qui lui répond en l’encourageant chaleureusement. Il écrit quelques articles dans la Ruche populaire et, en août 1848, publie un long panégyrique de Lamartine : Lamartine devant le tribunal du peuple, par un républicain de la veille (Paris, J. Bry, 1848). Très lié à Lachambeaudie et Christian Sailer, il participe, en 1853, avec Pierre Dupont et Eugène Baillet à des réunions chansonnières tenues, à l’abri des regards policiers, près du Luxembourg. En 1855 il est victime d’un grave accident qui l’oblige à abandonner son travail d’imprimeur (il a travaillé à l’Imprimerie royale jusqu’en 1849). Il essaie alors de vivre de sa plume et dans ce but met un peu de gaieté dans ces refrains dans l’espoir de les voir interprétés dans les cafés-concerts. En 1856 on le retrouve comme directeur de publication et gérant de Jean qui pleure et Jean qui rit, tribune des poètes : revue satirique et poétique paraissant deux fois par mois qui devient ensuite La Tribune des poète, un périodique qui parait deux fois par mois - sans doute irrégulièrement -jusqu’en avril 1857 et qui publie des poèmes inédits. Une fois de plus il reçoit les encouragements de Hugo qui, lui écrit, le 13 mai 1856 : « vous avez élevé la Tribune des poètes quand la Tribune des orateurs est tombée, c’est bien (…) la grande lutte des idées a besoin de combattants tels que vous ». En 1861 il essaie de relancer le « Triboulet, journal critique et littéraire en prenant la direction de cette publication qui parait du mois de juin à septembre. Après la 4 septembre 1870, il écrit plusieurs textes à la gloire du nouveau régime et notamment un long poème à la gloire de Gambetta (La France nouvelle et Gambetta, Paris, Librairie des célébrités contemporaines, 1873).Il écrit beaucoup, reçoit même deux récompenses de l’Académie française, mais meurt misérablement. Son influence dans sa ville natale semble être restée assez forte. Ce serait lui qui aurait réussi à introduire des spectacles de Guignol au café-chantant situé sur la Grande place de la Croix-Rousse, après que la police a fait interdire les autres représentations – chansons et mimes – à forte tonalité républicaine.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article25779, notice BARILLOT François par Philippe Darriulat, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 11 avril 2018.

Par Philippe Darriulat

François Barillot
François Barillot
Communiqué par Philippe Darriulat

ŒUVRE : A M. Félix Piat. Une Vision céleste, Paris, Eyssautier, 1845. — Épître à Ls Philippe sur la captivité de Lamenais, Lyon, (1841). — La folle du logis : poésies, chansons et ballades, Paris, Coulon-Pineau, 1855. — La France nouvelle et Gambetta. L’Espagne républicaine. A Victor Hugo, suivi de plusieurs lettres du grand poète, Paris, Librairie des célébrités contemporaines, 1873. — Icare vengé par Pétin, avec un avant-propos de Pierre Lachambeaudie, Paris, Durand, 1851. — Lamartine devant le tribunal du peuple, par un républicain de la veille, Paris, J. Bry aîné, août 1848. — Lamartine, ou l’Ange du peuple, suivi de la Caravane humaine, dédiée aux représentants du peuple, Paris, (1848). — La Mascarade humaine, satires de mœurs du XIXe siècle, Paris : E. Dentu, 1863. — Réponse aux calomnies adressées à M. Lamartine, Paris, Durand, (1848). — Translation des cendres de l’empereur Napoléon, ode par F. Barrilliot et A. Esprit, Lyon, 1840. — La Trinité humaine, liberté, égalité, fraternité, Paris, Durand, [1849].

SOURCES et bibliographie : AN, ABXIX 708 (collection Bachimont). — Eugène Baillet, De quelques ouvriers-poètes, biographies et souvenirs, Bassac, Plein-chant, 1994 [1898]. — Philippe Darriulat, La Muse du peuple, chansons sociales et politiques en France 1815-1871, Rennes, PUR, 2010. — Pierre-Léonce Imbert, La Goguette et les goguettiers, étude parisienne, Paris 1873. — Alphonse Leclercq « Les Goguettes d’autrefois » dans Les Echos parisiens, artistiques et littéraires, n°3, 5 et 7, 1ère année, juin, juillet et août 1873. — Jean-Luc Roux, Le Café-concert à Lyon (XIXe début XXe siècle), Lyon, Éditions lyonnaises d’art et d’histoire, 1996. — Notes de E. L. Newman. — Jean Prugnot, Des voix ouvrières, Plein chant, 2016.

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